La boîte à souvenirs de Thierry Dusautoir

par mercredi 18 juillet 2012 16:35
Panoramic

Dans un entretien accordé à Total Rugby, Thierry Dusautoir évoque ses souvenirs de la finale de la dernière Coupe du monde, perdue contre la Nouvelle-Zélande, de l'avant-match à la rencontre, où ils sont passés si près de l'exploit.

Une plongée dans sa mémoire et dans ses souvenirs. Dans un entretien accordé à Total Rugby, Thierry Dusautoir a accepté de revenir sur la dernière Coupe du monde et surtout, sur la finale perdue contre la Nouvelle-Zélande (8-7). Neuf mois après cette rencontre, le capitaine du XV de France n’a rien oublié des détails de ce match. Il se souvient d’une préparation tendue dans un contexte de pression maximale. « C’était une période mémorable, explique le troisième ligne toulousain. Nous étions sous une énorme pression. Dans la semaine précédant la finale, il y avait beaucoup d’articles désobligeants écrits à notre sujet. Même si la plupart de l’équipe n’était pas bilingue, nous avons compris certains des mots et des jeux de mots. Je me souviens qu’après la demi-finale, il y avait une photo dans le Herald où il était écrit “80 minutes avant de se marrer”. Ça nous a ennuyés. » Sur le cliché en question, Sonny Bill Williams et Israel Dagg rigolaient franchement durant un entraînement.

Dans les jours précédant la rencontre, les médias n’avaient absolument aucun doute sur la victoire finale des All Blacks. Au vu du parcours parfait de leurs protégés et de celui beaucoup plus chaotique des Bleus durant la compétition, les journalistes locaux n’avaient pas le moindre doute. Ils diffusaient un sentiment d’arrogance de tout un pays. « Nous ne savions pas ce que les joueurs néo-zélandais pensaient de nous mais autour d’eux, nous n’étions certainement pas respectés », regrette Dusautoir. Touchés au plus profond de leur âme, avec la sensation de ne pas être considérés à leur juste valeur, les Français se sont retrouvés pour montrer leur meilleur visage sur la pelouse de l’Eden Park d’Auckland. Passés près de la correctionnelle en demi-finales contre le pays de Galles, battus par les Tonga au premier tour, ils ont surpris tous les observateurs en finale. Dans un remake de la finale de 1987, la première dans l’histoire de la Coupe du monde, ils avaient un plan de jeu précis pour faire déjouer les hommes de Graham Henry.

Motivés par un environnement défavorable, ils ont réalisé l’une de leurs rencontres les plus abouties de l’ère Marc Lièvremont à l’instant T. « Notre stratégie dans ce match était de résister le plus longtemps possible. Etant donné le niveau auquel nous avions joué durant le tournoi, nous savions que n’étions pas au même niveau que celui des All Blacks. C’était plutôt évident. Mais à ce moment, nous étions sûrs d’être mentalement préparé et nous étions prêts à saisir la moindre opportunité. » Menés de huit points à la 50eme minute, les Bleus sont revenus sur les talons des Néo-Zélandais grâce à un essai de Dusautoir. Mais dominateurs en deuxième période, ils n’ont jamais réussi à concrétiser leur supériorité au tableau d’affichage. « Pendant le match, nous avons très bien joué nous aurions aimé marquer un drop pour couronner la super défense que nous avons produit. » Elu meilleur joueur du monde le lendemain, Dusautoir n’est pas reparti bredouille d’Auckland. Mais il nourrira certainement des regrets éternels de ne pas avoir ramené la Coupe Webb-Ellis.