Au Pérou, des indiens défendent la forêt amazonienne

le Jeudi 29 Mars 2012 à 07:25
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Au Perou, des indiens font de la résistance. Ils défendent leur forêt, un morceau d'Amazonie épais, touffu, à la frontière avec l'Equateur.

Nous sommes au bord du fleuve Maranon, au pays des indiens Awajun. La nature est un paradis. Pourtant, un bras de fer se joue ici entre la population et l'Etat péruvien. Dans le magazine Terra Eco, Alice Bomboy raconte l'histoire de cette forêt, et sa dégradation. Des exploitants pillent le sous-sol. En quarante ans, 70% de la zone a été touchée. Une habitante décrit la voracité des entreprises implantées dans la région : "elles exploitent le pétrole, l'or et elles contaminent le sol et la rivière. Les poissons se meurent et les enfants sont malades. Nous ne voulons pas de ça ici".

En 2008, le président du Pérou, le libéral Alan Garcia, signe un accord de libre-échange avec les Etats-Unis. Il facilite l'exploitation des ressources naturelles sans consulter la population locale. Les habitants s'insurgent. Ils dressent des barrages sur les fleuves et sur les routes. Le 5 juillet 2009, une manifestation dégénère. La police tire sur les indiens. Pour se défendre, ces habitants n'ont que des lances. Ils tombent par dizaines. Aujourd'hui encore, le bilan est incertain : jusqu'à 300 personnes auraient perdu la vie.

La presse péruvienne est sans pitié. Un quotidien propose d'utiliser du napalm pour anéantir les indiens, comparés à des "sauvages primitifs", accusés de "dévorer les dépouilles" des policiers quand ils parviennent à les tuer.

Mais les indiens tiennent bon. Et leur espoir renaît l'an dernier, lorsqu'un nouveau président accède au pouvoir. Ollanta Humala s'engage à consulter la population locale pour chaque projet d'exploitation. Cette décision a aussi un sens politique. Dans Terra Eco, un militant explique que pour la première fois, l'Etat péruvien reconnaît vraiment les indiens. Il admet que le pays ne compte pas que des métis et des descendants de colons.

Cela dit, rien n'est joué. La loi favorise toujours les entreprises qui exploitent la forêt. Les habitants restents méfiants. Mais ils savent maintenant qu'ils ont des droits. Ils vont continuer à défendre le poumon vert de la planète.