Trois jours après la démonstration de force de la machine socialiste au Bourget, et alors que l'UMP prépare la riposte et s'apprête à faire feu, qu'en est-il des moyens financiers des candidats ? Ils sont évidemment très inégalement répartis.
Le meeting de François Hollande au Bourget a coûté 800.000 à un million d'euros. 400.000 euros pour la location du hall et de la salle annexe. On y a ajouté tous les frais, notamment les frais de transport par car des militants. Au total, ça fait une addition salée, mais ce meeting était exceptionnel, argumente le staff de campagne de François Hollande qui doit mener une campagne à la hauteur de son ambition présidentielle.
A droite
Les socialistes dénoncent la mise à contribution des moyens de l'Etat au service de la campagne du "président presque candidat". On parle des déplacements de Nicolas Sarkozy lui-même, mais aussi de ceux de ses ministres. Double-exemple aujourd'hui : François Fillon part cet après-midi à Lyon, Alain Juppé à Nice. Tous deux pour des visites on ne peut plus officielles, donc aux frais de l'Etat, mais chacun fera un meeting en soirée pour soutenir le président. Où comment faire d'une pierre 2 coups, mêler l'utile à l'agréable.
Les frais liés aux meetings politiques sont pris en charge par l'UMP, argumente le parti majoritaire qui, lui aussi, se défend de trop dépenser, mais juge que l'époque a changé. Hervé Novelli, secrétaire général adjoint de l'UMP : "Aujourd’hui une campagne, qu’on le veuille ou non, elle ne se fait plus à l’ancienne dans les préaux d’école ou plus personne ne vient ; aujourd’hui, ça passe par les médias, les télés, bref ça coute de l’argent".
Au centre
L'argent de la campagne, enjeu politique bien sûr, en ces temps de crise économique. Celui qui a senti le filon, c'est François Bayrou, candidat centriste et néanmoins antisystème, face aux candidats UMPS qui dépensent trop. Lui, annonce une campagne économe, comme le dit son porte-parole Yann Wehrling : "Il faut rappeler à tous qu’une campagne électorale, c’est de l’argent public et donc quand bous êtes sobre, vous économisez de l’argent public, l’argent du contribuable".
Dans les faits, il n'est pas certain que la campagne de François Bayrou coûte moins cher aux finances publiques. En effet, il espère ne pas dépasser la barre des huit millions d'euros, soit un peu moins de la moitié du plafond autorisé par la loi. Ce plafond s'approche des 17 millions d'euros pour les candidats du premier tour, et atteint 22 millions et demi pour ceux atteignant le second tour. Un peu moins de la moitié de cette somme est, au final, remboursée. Cette règle valant pour tous les candidats.
Petits candidats
Sachant que pour obtenir ce remboursement, il faut engranger au moins 5% des suffrages. Et c'est la hantise des candidats dits "petits". Un score inférieur à 5%, et vous devez tout payer de votre poche. Eva Joly, par exemple, a prévu de dépenser un peu plus de deux millions d'euros, mais les sondages la donnent en-dessous de la barre fatidique des 5%. Du coup, elle économise. Son staff voyage en 2ème classe, d'autres partis limitent les frais d'hôtel, par exemple, en privilégiant l'hébergement militant. On est loin du meeting à un milliion d'euros.

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