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WEBREPORTAGE | La sécurité sera-t-elle un enjeu de campagne ?

le Lundi 6 Février 2012 à 07:15
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La lutte contre l'insécurité : un étendard du quinquennat de Nicolas Sarkozy. Chaque année la communication autour des chiffres de la délinquance suscite des passes d'armes avec l'opposition. A moins de trois mois de l'élection présidentielle, ce thème ne s'impose pourtant pas encore dans la campagne. Reportages à la rencontre de citoyens qui livrent à France Info leur expérience quotidienne du sujet, à Toulouse (Haute-Garonne) et Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).

. © Radio France

Banlieue sud ouest de Toulouse, dans ce quartier d'habitation situé à quatre kilomètres du Mirail, le quartier "sensible" de la métropole toulousaine, les résidences "fermées" se suivent et se ressemblent. Clôtures, portails imposants, interphones, voire caméras à l'entrée : le modèle importé des Etats-Unis par le promoteur toulousain Monné-Decroix au début des années 1990 est désormais banal.

Robert Monné, avec Cecilia Arbona  
 

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Impossible de dresser un bilan chiffré précis, le modèle est trop disparate. Mais déjà en 2006, le chercheur Bruno Sabatier* notait dans une étude sur le sujet que "les résidences fermées, c'est-à-dire au moins clôturées sur leur périmètre avec un ou plusieurs systèmes de contrôle d'accès, se comptent par centaines dans l'agglomération toulousaine, alors qu'un tel développement n'est pas enregistré à Lyon ou Marseille". Ces résidences ont cru au même rythme que l'expansion démographique de la ville. "Avec 851.000 habitants en 2006, l'unité urbaine entrera dans le cercle des métropoles d'un million d'habitants d'ici 2015", notent Guénola Capron et Bruno Sabatier dans un rapport de recherche remis en 2011 au ministère de l'Environnement.

Si le promoteur toulousain a surfé sur la thématique de l'insécurité pour développer son offre commerciale au début des années 2000, qu'en est-il aujourd'hui ?

Derrière le portail de la résidence du Parc d'Ariane, des habitants confient volontiers leurs impressions sur cette vie derrière des murs (voir diaporama ci-dessus)... Gérard rejette en bloc l'étiquette du "ghetto de riches", soulignant que la résidence est majoritairement peuplée de classes moyennes, que ses lieux de vie communs comme la piscine regroupent souvent "des personnes qui n'appartiennent pas aux mêmes catégories socio-professionnelles". Mais ce père de deux enfants revendique son besoin de tranquillité. Pour Vanessa, jeune maman descendue de Mantes-la-Jolie pour vivre à Toulouse, la résidence sécurisée c'était "un luxe supplémentaire". Appréciable à ses yeux puisqu'elle est située à "deux pas du Mirail, qui est l'équivalent des Mureaux" .

"La recherche d'un îlot de paix" : l'urbaniste Céline Loudier-Malgouyres, avec Cecilia Arbona  
 

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Les chercheurs soulignent que le malaise est souvent lié à la proximité de quartiers sensibles et au problème des cambriolages. En effet le nombre de cambriolages en 2011 est à la hausse à Toulouse (+43,32%) comme au niveau national (17,1%). Ces chiffres présentés mi-janvier par le ministère de l'Intérieur permettent à chacun de trouver midi à sa porte sur un sujet politiquement sensible. Pour Claude Guéant, la délinquance générale a chuté de près de 17% depuis que la droite est au pouvoir, pour le PS les violences aux personnes n'ont cessé d'augmenter depuis 2002. Mais ces chiffres ne comptabilisent pas les infractions punies d'amendes de 5e catégorie, des faits quotidiens souvent vécus comme aussi graves par les citoyens que les petits délits passibles de correctionnelle.

Les réactions du pouvoir exécutif légiférant à chaque fait divers grave n'y auront rien changé : le sentiment d'insécurité est donc toujours latent dans la population. Pourtant les habitants du Parc d'Ariane n'en font pas un enjeu majeur de cette campagne électorale. Vanessa n'ira pas voter en avril, désabusée par le spectacle médiatique des "clowns politiques". Gérard lui, aimerait voir la sécurité traitée de manière globale dans un plan qui mêlerait économie, éducation et urbanisme sur du "long terme". "Mais c'est de l'utopie, non ?" conclue-t-il.

*Chargé d'études en urbanisme et aménagement, au Centre d'Etudes de l'Equipement Normandie-Centre, MEDDTL.

Jean Havrin, adjoint au maire de Toulouse, ancien policier et créateur de l'Office de la tranquilité, avec Cecilia Arbona  
 

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