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Immigration : la lente intégration des communautés

le Lundi 19 Mars 2012 à 07:15
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Comme en 2007, la question de la place des immigrés en France revient en force dans la campagne présidentielle. De Marseille à Barr dans le Bas-Rhin, France Info, en partenariat avec l'AFP, est donc allé à la rencontre des communautés comorienne et turque installées depuis les années 70, pour parler intégration. Intégration contrastée entre la grande ville du sud et le petit bourg alsacien.

Mustafa Vural (à gauche) et Ali Torun, arrivés de Turquie à Barr en 1973 © Radio France - Etienne Monin

Etrangers en France ? Immigrés ? Communautarisme ? Laïcité ? Intégration ? De quoi parlent réellement les candidats à la présidentielle ? De qui ? "Tout immigré n’est pas nécessairement étranger, et réciproquement", souligne en passant l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE). 

"Français ? On te fait comprendre que tu l'es pas trop !" Ali, arrivé à Marseille à 10 ans

Celui que le discours désigne comme étranger ne l'est donc pas forcément. Celui que l'on renvoit à sa communauté peut être lui Français. Et la situation se complique encore quand une même famille se retrouve sur le papier à califourchon entre toutes ces définitions. Ainsi les Comoriens de Marseille que nous avons rencontrés sont en réalité majoritairement Français, s'expriment parfois avec l'accent marseillais, et pourtant. Ils souffrent davantage de rejet que les Turques de Barr. La taille de la ville, l'anonymat, le manque de proximité semblent jouer contre eux.
Ecouter le reportage ci-dessus avant de consulter l'infographie et les propositions des candidats ci-dessous. 

Etrangers et/ou immigrés en France 

Les propositions des candidats à la loupe

Selon le chef de l'Etat, "la question de l'immigration n'est pas de droite ou de gauche". Nous avons donc recensé les propositions des uns et des autres sur le sujet. 

Nicolas Sarkozy : "L'immigration est une chance mais elle peut être un problème"

Déclaration lâchée le 3 mars lors de son premier gros meeting à Bordeaux. Et d'embrayer quelques jours plus tard, sur France 2 en promettant de "diviser par deux le nombre de personnes que nous accueillons, c’est-à-dire passer de 180.000 à un chiffre autour de 100.000" pour, dit-il, "relancer l'intégration". Comment y parvenir ? Nicolas Sarkozy souhaite mettre fin au regroupement familial automatique, en exigeant des conjoints ou enfants de plus de 16 ans de passer un test de français et d'avoir un travail et un logement décent. Il entend aussi durcir les conditions d'attribution du RSA et du minimum vieillesse pour les étrangers non-européens, en exigeant 10 ans de présence sur le territoire français, contre cinq actuellement. Et cinq ans d'activité. Enfin, il se dit opposé au droit de vote des étrangers, mesure qui porte "atteinte à la République".

En matière d'immigration illégale, lui se dit clairement opposé à la régularisation des sans-papiers, sauf "cas humanitaires". A l'occasion de son meeting de Villepinte, il a évoqué enfin l'éventualité de  dénonciation par la France des accords de Schengen, s'il n'était pas possible d'exclure un pays qui ne contrôlerait pas suffisamment ses frontières. Des propositions distillées au gré de sa campagne, alors que son programme lafranceforte se contente de défendre sa politique d'immigration depuis 2007 "ferme, assumée et équilibrée". 

    François Hollande : "Moi, je ne veux pas que viennent des étrangers qui n'ont pas leur place"

"La tentation de Nicolas Sarkozy de faire de l'immigration le sujet de l'élection présidentielle ne passera pas" dans l'opinion, affirme le candidat socialiste. 50e de ses 60 engagements : François Hollande propose d'octroyer le droit de vote aux élections locales aux étrangers non communautaires pouvant justifier de cinq ans de présence sur le sol français. En matière d'immigration légale, le candidat socialiste veut soumettre au Parlement la question du nombre d'immigrés économiques autorisés à entrer en France chaque année. Face à l'immigration illégale, il se dit opposé à la régularisation massive des sans-papiers, préférant le cas par cas, sur des critères objectifs (comme la durée de résidence en France ou la scolarisation d'un enfant). Mais a affirmé sur France 2 jeudi que "les demandes d'asile seront traitées en six mois". Il a annoncé aussi à cette occasion vouloir créer "une brigade spécialisée de lutte contre les filières clandestines". Enfin, dans un souci d'apaisement, François Hollande promet de bannir le mot "race" de la Constitution française. 

    Marine Le Pen : "Impossible d'assimiler une immigration aussi massive"

Dans le programme marinelepen2012, 16 mesures portent sur l'immigration. La candidate est la première à avoir remis en cause les accords de Schengen, à prôner l'expulsion systématique et sans délai des sans-papiers, et l'interdiction des manifestations de clandestins. Mais elle souhaite surtout diviser par 20 en 5 ans le nombre d'entrées légales. En supprimant le regroupement familial et le droit du sol. En prônant le retour au pays des étrangers au bout d'un an d'inactivité. En inscrivant le principe de priorité nationale dans l'embauche, à Pôle emploi notamment, et dans l'attribution des logements sociaux. Dernière bête noire du FN enfin : le communautarisme. Marine Le Pen promet d'inscrire dans la Constitution que la République ne reconnaît aucune communauté. 

    Eva Joly "pour une France ouverte et cosmopolite"

La candidate d'EE-LV prône le droit de vote pour les étrangers non communautaires et la réduction de la liste des métiers dont sont exclus les étrangers. Eva Joly plaide aussi pour la régularisation des sans-papiers au cas par cas. Mais elle veut surtout réformer les contrôles d'identité, la rétention administrative (interdites aux enfants, femmes enceintes et personnes vulnérables) et confier les questions d'immigration et de naturalisation, non plus au ministère de l'Intérieur, mais à la Justice, aux Affaires étrangères, à l'Emploi et aux Affaires sociales. D'ailleurs, sur son blog evajoly2012, il n'est pas question d'"immigration", mais de "migrations". Changement de focale.

    Jean-Luc Mélenchon : "L'immigration n'est pas un problème"

Le candidat du Front de gauche, dans son blog, ne fait pas dans la demi-mesure : fermeture des centres de rétention, régularisation des sans-papiers, décriminalisation du séjour irrégulier, abrogation de toutes les lois sur l'immigration adoptées depuis 2002, refonte du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et refonte du Code de la nationalité, permettant aux étrangers de prétendre à la naturalisation au bout de cinq années de résidence en France. 

    François Bayrou : "Il y a trop d'immigrés non intégrés, ça c'est vrai"

Le candidat du MoDem s'est très peu exprimé sur le sujet. Tout juste s'est-il irrité de la proposition de Nicolas Sarkozy de diviser par deux l'immigration légale. Sur France 2, le 8 mars : "Est-ce qu’il y a trop d’immigrés? Il y a trop d’immigrés clandestins et il y a trop d’immigrés et d’enfants d’immigrés non intégrés, ça c’est vrai. Mais il n’y a pas assez d’immigrés créateurs d’entreprises et d’emplois, il n’y a peut-être pas assez de personnes qui viennent de l’étranger qui soient des chercheurs. Il faut regarder la réalité de l’immigration non pas comme un fantasme mais comme la vie de tous les jours". La seule priorité énoncée dans son programme Bayrou2012, "mieux reconnaître les réussites issues de l'immigration [...] Les bourses de mérite doivent être généralisées". 

Les autres candidats

Philippe Poutou, le candidat du NPA, veut octroyer le droit de vote aux immigrés dans toutes les élections, régulariser tous les sans-papiers et instaurer la liberté d'installation. Voir poutou2012.

Nathalie Arthaud, la candidate de Force ouvrière, sur le sujet, cite Karl Marx : "Les prolétaires n'ont pas de patrie". Son programmeprône les mêmes droits pour tous, et la fin de "la traque des étrangers". 

Nicolas Dupont-Aignan lui veut, comme Nicolas Sarkozy, réduire de moitié l'immigration légale. Et comme Marine Le Pen, rétablir les contrôles aux frontières, après avoir dénoncé les accords de Schengen. 

Jacques Cheminade enfin recommande, dans son programmecheminade2012, prioritairement "d'assurer le développement des pays d'où viennent nos immigrés et d'intégrer ceux-ci le mieux que nous pouvons chez nous". 

 

 

 

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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
hassani nadia (anonyme),
BONJOUR Je voudrai savoir les démarches a suivre pour avoir la nationalité française sachant que je suis née en France ( HORTHEZ) en 1958 . merci
Avatar de anonyme
biessy (anonyme),
Bonjour, Il y a un mot insupportable en France : c'est "l'intégration" !!! que veut dire ce mot : est-ce s'habiller en costume cravate ? manger du cassoulet ? rouspéter toute la journée comme font les français de souche ? (contraire du français d'origine étrangère ?) marcher vite ? ne plus dire bonjour à son voisin ? etc....ne pourrait-on avoir le droit -sans mettre en avant les problèmes religieux- de dire : je suis français d'origine camerounaise, je suis française d'origine chinoise etc...comme font les américains ? et cesser de parler "d'intégration" ??? il suffit que chacun respecte la loi un point c'est tout !!! je suis très choquée quand les journalistes demandent sans cesse, ou rappellent sans cesse à un sportif d'origine...??? (on s'en fiche )"alors, vous vous sentez intégré ??? !!! Bien cordialement.
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