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"Racisme anti-blanc" : Copé a-t-il ouvert une brèche à l'UMP ?

le Jeudi 27 Septembre 2012 à 14:52 mis à jour à 17:25
Par Rémi Ink

Jean-François Copé, candidat à la présidence de l'UMP, a déclenché une polémique en parlant de "racisme anti-blanc". Il dit vouloir briser un "tabou". La gauche lui répond qu'il fait "le lien entre la droite et l'extrême droite". Certains à l'UMP se retrouvent dans les propos de leur secrétaire général, François Fillon appelle lui à ne "pas copier les extrémistes".

Nicolas Sarkozy a toujours refusé de l'assumer. Sa chasse sur les terres du Front national n'était pas très discrète, mais Jean-François Copé semble vouloir aller encore plus loin que son mentor. Dans son dernier livre, Manifeste pour une droite décomplexée,  il dénonce un "racisme anti-blanc" dans les quartiers difficiles et use d'un vocabulaire autrefois réservé au parti d'extrême droite.

Des propos qui trouvent un écho à l'UMP

Depuis, le secrétaire général de l'UMP martèle sa pensée. Mercredi soir, lors d'un meeting à Valence, il a enfoncé le clou en reprenant des thèmes et une rhétorique frontiste : "la montée des intégrismes, la sécurité, l'immigration. On ne va pas en parler ? Ah si on va en parler ! Et on va dire ce qu'on pense !"

Ce coup de barre à droite de Jean-François Copé semble séduire. Patrick Labaune, député UMP de la Drôme, l'a accueilli mercredi soir, sans aucun complexe : "Moi, je suis contre toute immigration maintenant". Le mot est lâché, sans ambigüité. Les 600 militants applaudissent.

A Valence, le reportage de Stéphane Milhomme  
 

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Les propos de Jean-François Copé trouvent aussi un écho chez des ténors de l'UMP. Ainsi Claude Guéant, ancien ministre de l'Intérieur, a estimé jeudi que le "racisme anti-blanc" dénoncé par Jean-François Copé est "une réalité" et qu'il n'y a "rien de pire pour une société" qu'une situation où les élites dissimuleraient la vérité.

Fillon appelle à ne pas "copier les extrémistes"

Dans le camp de François Fillon, on ne dénonce pas mais on préfère prendre de la hauteur. L'ancien Premier ministre a réagi jeudi après-midi dans une interview au site Atlantico"Ce n'est pas en copiant les extrémistes que nous convaincrons nos électeurs ni mêmes ceux qui votent pour le Front national", a estimé François Fillon. "Pour être fort, il faut être cohérent avec ce que l'on croit et ce que l'on veut pour la France".

L'ancien Premier ministre a aussi jugé qu'il "ne faut pas se replier sur une case politique et idéologique". Et François Fillon d'ajouter que "la question n'est pas non plus d'imaginer des alliances partisanes avec la firme Le Pen qui ne tiendraient ni par des valeurs partagées ni par un programme commun".

Un peu plus tôt, Valérie Pécresse, l'un des soutiens de l'ancien Premier ministre, avait déclaré sur LCI qu'on "ne doit pas être seulement dans la dénonciation de certains phénomènes, on doit être surtout dans la proposition". Mais elle assumait aussi le fait d'aller chercher les électeurs du FN. "Pour rassembler plus de 50% des Français, il faut récupérer les électeurs tentés par le Front national" et "en même temps, ne pas perdre le centre", a-t-elle expliqué.

Des propos qui agitent l'UMP

Au sein du parti, l'expression "racisme anti-blanc" provoque en tout cas des remous. Certains rejettent même fortement les propos, comme Henri Gaino. "Ce n'est pas une façon de faire de la politique. On n'est pas là pour accroître les tensions", a pesté jeudi l'ancien conseiller de Nicolas Sarkozy. "Je pense qu'il ne faut pas dire des choses comme ça", ajoute-t-il. 

Les propos de secrétaire général du parti sont en tout cas dans toutes les têtes jeudi à Marcq-en-Barœul, près de Lille, où l'UMP tient ses journées parlementaires.

Le reportage d'Olivier Bost aux journées parlementaires de l'UMP.  
 

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Le FN se frotte les mains

En attendant si un parti a tout à y gagner, c'est celui de Marine Le Pen. La présidente du FN était mercredi soir sur RTL. "Ça confirme que la base de l'UMP se sent beaucoup plus proche de nos positions que de celles des dirigeants de l'UMP. C'est du Copé collé", a-t-elle ironisé. Avant d'aller plus loin : "J'ai fini par me poser la question si il n'y a pas plus de racisme anti-blanc et anti-français que de l'autre racisme que l'on combat par toutes ses formes."

Cherche-t-elle à ce que Jean-François Copé aille encore plus loin ? Une chose est sûre, elle caresse toujours son rêve : devenir la seule force d'opposition à droite.

Par Rémi Ink
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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Copé......Du Sarko en pire .On ne pensait pas que c'était possible et bien SI ! La preuve !
Avatar de anonyme
Tout le monde écrit des livres aujourd'hui...y compris pour raconter « l'histoire d'un pet qui roule dans le ventre » ... Pourquoi pas Copé? Ou plutôt l’un de ses nègres…sans connotation raciste (c’est ainsi qu’on appelle en littérature les scribes d’aujourd’hui). Le problème n’est pas qu’il ait écrit. Au contraire, depuis 30 ans que nous sommes entrés dans une décadence économique certaine on aurait pu s’attendre, de la part d’un mouvement de « droite décomplexée » à autre chose. Un livre qui propose des pistes ou une remise en cause des pratiques politico- économiques du passé. On aurait pu s’attendre (que l’on soit d’accord ou non) à un « libéralisme à fond » tel que Sarkozy l’avait entamé…ou un dirigisme gaulliste. Il n’en fut rien ! Il n’y fait même pas une autocritique des orientations passées de son mouvement comme ont pu le faire le très libéral Madelin, l’homme de poigne Pasqua ou le souverainiste Dupont Aignan, qui ne sont pas des centristes et encore moins des gens de gauche… Bref plutôt que de confirmer les orientations libérales de Sarkozy ou d’en faire la critique il utilise les tripes, le viscérale…la « bonne » vieille peur viscérale moyenâgeuse. Cette «élite» loin d’être modèle ces derniers temps qui veut se rapprocher du peuple en s’imaginant que toute la journée ce peuple pense à ces hypothétiques insultes c’est le mépriser, le réduire à une bande de victimes paranoïaques… ce qui est bien plus grave que de le traiter de « gaulois ». Tous les jours, nous subissons des bousculades, des insultes, des moqueries et des incivilités de la part de « gens bien de chez nous ».En faisons nous une montagne pour autant? Nous serions dans un pays bien heureux si nos malheurs se réduisaient à cela. Ou veut-il en venir ? Capter des voix ? Est-il en plein désarroi comme ce Montebourg, qui dans un gouvernement MerkHolande, emploie des propos nationalistes et a un comportement puérile vis-à-vis des constructeurs coréens. Ce dernier se rend il compte que ce sont les entreprises françaises, parfois même aux capitaux d’état qui délocalisant font ce « dumping social » ? Décidément le FN est attractif pour employer le jargon des élites ! Elites qui par leur désarroi manifeste inquiète davantage que de se faire traiter de gaulois !
Avatar de anonyme
Le problème de la droite et extrême droite c'est qu'il y a trop d'étrangers en France. Le problème de la gauche et extrême gauche c'est qu'il y a ...trop de français en France.
Avatar de anonyme
Je ne vois pas ou ce trouve la polémique. C'est juste vrai, il y a effectivement des racistes anti-français, les traitant de gaulois, ex "coton tige". Dire qu'il y en a plus que l'inverse, je l'ignores, toujours est il que c'est pas faux, et je ne vois pas en quoi énoncer un fait montre une appartenance a un partie politique plus qu'un autre. La réalité n'est pas l'adage du FN, sinon c'est avec ce genre de polémique qu'on le promouvoit. A moins que les parties politiques ne soient tous que des négationnistes bien sur, et que toute la consistance de leur pensée et de leur discours ne laisse que transparaitre leur statut de petits énarques issues de beaux quartiers et de bonnes familles, par conséquents incapables de diriger une société cosmopolite dont ils en ignores au moins la moitié. Je suis assez partisan de cela d'ailleurs. Un grand parolier a une époque disait "Votez bien, votez rien" =]
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