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Quels seront les avantages accordés à Nicolas Sarkozy après son départ de l'Elysée ?

le Mercredi 9 Mai 2012 à 11:46
Par Gilles Halais

Retraite, voiture avec chauffeur, gardes du corps et toute une série d'avantages en nature... La République n'est pas avare de privilèges accordés à ses anciens chefs de l'Etat. Des avantages évalués à 1,5 million d'euros par an, par le député René Dosière, spécialiste du train de vie de l'Etat.

Reprendre son métier d'avocat, animer des conférences, faire du consulting, écrire ses mémoires, "faire de l'argent" voire "faire du fric", comme il l'a déjà lâché au débotté... Le doute plane encore sur l'orientation que Nicolas Sarkozy va donner à sa vie une fois qu'il aura quitté l'Elysée.
Une chose est sûre cependant, la République ne le laissera pas dans le besoin.

Il y a déjà ce que prévoit la loi du 3 avril 1955.
Le futur ex-chef de l'Etat touchera une retraite dont le montant est égal au traitement d'un conseiller d'Etat en exercice, soit 6.000 euros bruts par mois. Une retraite cumulable avec d'autres pensions ou salaires et qui viendra donc s'ajouter, le moment venu, à ses retraites d'ancien président du conseil général, député des Hauts-de-Seine et maire de Neuilly, soit environ 4.000 euros par mois.

S'il décide, comme l'ont fait Jacques Chirac et Valéry Giscard d'Estaing, d'entrer au Conseil constitutionnel, il bénéficiera en plus d'un traitement mensuel net de 11.500. François Hollande a prévu de supprimer le texte qui permet aux anciens présidents de devenir, à vie, des Sages. Mais ce ne sera pas rétroactif et s'appliquera donc, pour la première fois, à l'ex-président Hollande.

Nicolas Sarkozy pourra, s'il le souhaite, continuer de percevoir au total près de 20.000 euros, soit à peu près ce qu'il touchait comme chef de l'Etat. Auxquels peuvent s'ajouter des primes de "sujétion spéciale" accordées par la République à ses "ex", pour "compenser les contraintes subies dans l'exercice des fonctions". Des primes au montant secret.

Voyages illimités en classe affaire

Viennent ensuite les avantages en nature.
La "jurisprudence" en la matière remonte à 1985. Ils sont détaillés dans une lettre signée de Laurent Fabius, Premier ministre de François Mitterrand : un appartement et/ou bureau de fonction "meublé et équipé" (situé dans les beaux quartiers de la capitale), une voiture de fonction avec deux chauffeurs, deux policiers pour assurer sa protection rapprochée et un total de sept collaborateurs permanents dont le salaire est pris en charge par l'Etat (un chef de cabinet, deux assistants, un archiviste et trois secrétaires). Son domicile sera également placé sous la garde de fonctionnaires de police.

Enfin, si Nicolas Sarkozy décide de voyager, il pourra le faire gratuitement au moyen de deux cartes de circulation illimitée : l'une sur les vols Air France en classe affaire, l'autre à la SNCF en première classe.
A l'étranger, l'ancien président pourra se faire accueillir et héberger dans les résidences des ambassadeurs et des consuls de France.

Difficile d'évaluer le montant total de ces différents "privilèges", car cela repose sur les choix que fera Nicolas Sarkozy, en liaison avec le Secrétariat général de Matignon qui gère ces dossiers. Mais dans son livre L'Argent de l'Etat (Seuil), René Dosière, spécialiste du train de vie de l'Etat, lâche le chiffre de 1,5 million d'euros par an et par ancien président. Pour le député de l'Aisne apparenté socialiste, il serait bon de créer un vrai statut d'ancien chef de l'Etat.

Une loi de 1955 et une coutume datant de 1985 : quels seront les avantages de l'ex-président Sarkozy ? Reportage, Carine Bécard  

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Nicolas Sarkozy va-t-il vraiment renoncer à cette drogue dure qu'est la politique ? Reportage de Frédéric Says  

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Par Gilles Halais
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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Bernard (anonyme),
et la nuit du 4 août 1789 ???? C'est scandaleux, des sommes pareilles, d'autant plus que nos ex-présidents sont des bourgeois qui n'ont pas besoin de cette reconnaissance sonnante et trébuchantes. C'est n'est plus la Bastille qu'il faut prendre d'assaut, mais le trésor public !
Avatar de anonyme
Eh bien, si ça continue comme ça il va falloir refaire une petite révolution…
Avatar de anonyme
C'est incontestable, le cumul de tous ces avantages apparait comme "décalé" de notre situation économique actuelle. Mais à l'origine, il n'y avait que le maintient de la rémunération. En 1985, qui a décidé de mettre en place tous aces avantages abusifs (avion, logement, bureau de fonction, personnels, voiture...) 1981 à 1988, ce n'était pas la gauche ??? jusqu'a preuve du contraire.
Avatar de anonyme
nano (anonyme) @ Minnie (anonyme),
Bravo et merci ! Ça c'est une info (à creuser) ! Pour autant, doit-on penser qu'il s'agit d'un effet boomerang, d'une bavure, d'un souci de préservation, d'une distinction des communs des mortels ou des corvéables, d'une rêvitude de pouvoir, ou, ou…? Décidément, n'y comprenant pas grand chose, on peut en déduire que ce qui préoccupe, ce sont principalement nos… arrières. Voyons "quand" sera le changement. Mm ?
Avatar de anonyme
Vous avez raison il est indécent ce salaire pour avoir passer 1825 jours pratiquement 20 heures sur 24 heures à sauver nos retraites,notre éducation, notre pays quoi mais je divise et ce même au smic et en retirant au moins deux ,allez trois semaines de congés cela fait tout de même 34400 heures soit 688 heures au boulot et soit donc la valeur de 4.5 smic en temps horaire. Qui dit mieux ?
Avatar de anonyme
Minnie (anonyme) @ douay (anonyme),
Remerciez Fabius qui a mis en place ce système pour la retraite de Mitterrand en 1985, au cas où il ne gagne pas en 1988!
Avatar de anonyme
Sandra (anonyme),
c'est honteux et complètement deconnecté de la réalité actuelle. Des millions de gens luttent au quotidien: ces hommes politiques devraient avoir au moins la décence de refuser ces "allocations".
Avatar de anonyme
Une retraite à taux "plein" à… 58 ans.
Avatar de anonyme
Minnie (anonyme),
De quand datent ces avantages – à vie – en nature, réservés exclusivement aux anciens Présidents de la République ? De 1985. Très précisément du 8 janvier 1985. Et sous quelle forme se présentent ils ? Une lettre discrétionnaire, signée par le Premier Ministre de l’époque : un certain L. FABIUS. Dans cette lettre sont fixés tous les privilèges mentionnés ci-dessus. En attribuant des privilèges aux anciens Présidents de la République M. FABIUS a donc violé un principe inscrit dans la DDHC de 1789, un texte à la valeur juridique incontestable depuis 1970 (reconnaissance officiel de sa valeur par le Conseil Constitutionnel) : la séparation des pouvoirs. En méconnaissant l’existence d’un statut « d’ancien Président de la République » reconnu tant par la Constitution que par la loi, lequel statut ne donnait pas de privilèges aux dits « anciens » M. FABIUS a porté atteinte au principe de légalité, lequel s’impose en matière de pouvoir discrétionnaire. On notera au passage que l’ancien Premier Ministre, et Ministre des Finances, par cette lettre discrétionnaire, a ignoré – sciemment ?– l’article 13 de la DDHC de 1789. « Art. 13. Pour l’entretien de la force publique, et pour les dépenses d’administration, une contribution commune est indispensable : elle doit être également répartie entre tous les citoyens, en raison de leurs facultés. » Dans quelle catégorie faut-il donc classer l’entretien – à vie qui plus est – des anciens Présidents de la République ? « Entretien de la force publique »...Ou bien « dépenses d’administration » ? (extraits Agoravox)
Avatar de anonyme
Minnie (anonyme) @ nano (anonyme),
ll fallait voter pour lui; il aurait atteint l'age légal!
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