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Présidence de l'UMP : le choc Copé-Fillon

le Lundi 17 Septembre 2012 à 21:33 mis à jour le Mardi 18 septembre à 08:15
Par Rémi Ink

Les candidats ont, les uns après les autres, jeté l'éponge. Il n'en reste que deux. Comme prévu, l'élection du futur président de l'UMP se résume à un duel entre Jean-François Copé et François Fillon. L'actuel secrétaire général de l'UMP et l'ancien Premier ministre de Sarkozy vont s'affronter pendant deux mois, jusqu'au premier tour de l'élection le 18 novembre. Portraits croisés.

Le choc aura bien lieu. Un choc entre deux hommes, deux styles, deux parcours, deux visions de la politique. Ils avaient jusqu'à aujourd'hui pour réunir les 7.924 parrainages de militants nécessaires pour se présenter au poste de dirigeant du principal parti d'opposition.

Toute la journée, les deux camps se sont livrés à une démonstration de force en dévoilant leurs parrainages. Contre toute attente, François Fillon a l'avantage. Il annonce en avoir recueilli 45.000 (et le soutien de 75 députés et de 65 sénateurs) alors que le député-maire de Meaux fait état de "plus de 30.000 signatures".

Xavier Bertrand a jeté l'éponge, suivi ce mardi matin par Nathalie Kosciusko-Morizet, faute d'un nombre suffisant de parrainages. L'ancienne ministre de l'Écologie a recueilli un peu mois de 7.000 signatures. Bruno Le Maire déclare forfait lui aussi avec pas plus de 7.200 parainnages dans sa besace. L'ex-plume de Nicolas Sarkozy, Henri Guaino, qui dénonce un système "quelque part entre la Corée du Nord et Cuba", a précisé ce matin ne pas disposer des signatures nécessaires.

Le boulevard est donc ouvert. Sur la ligne de départ, Jean-François Copé et François Fillon se jaugent, comptant sur leurs forces, leurs soutiens et les faiblesses du camp d'en face.

Deux parcours très différents

Jean-François Copé, né le 5 mai 1964 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), est pétri d'ambitions. Au lycée, il explique déjà qu'il veut devenir "président". Énarque, il est élu maire (RPR) de Meaux (Seine-et-Marne), puis député en 1995, à seulement 31 ans. En 2002, il entre au gouvernement comme porte-parole, et secrétaire d'Etat aux Relations avec le Parlement (2002-2004), puis ministre délégué à l'Intérieur (2004-2005), et ministre délégué au Budget(2005-2007). C'est un des grands perdants de l'élection de Nicolas Sarkozy car il reste à la porte du gouvernement en 2007. Il prend la présidence du groupe UMP à l'Assemblée nationale, puis devient secrétaire général du parti fin 2010. Il met très souvent en avant son mandat de maire de Meaux, pour montrer qu'il est proche de la population et de ses administrés.

Une tactique qui lui permet de marquer sa différence avec François Fillon, 62 ans, plus habitué des bureaux ministériels. François Fillon commence sa carrière politique à l'Assemblée Nationale. Il devient député en 1981. En 1993, il est ministre de l'Enseignement supérieur d'Edouard Balladur. En 2005, il n'est pas repris au gouvernement par Dominique de Villepin. Furieux, il se rallie au candidat Nicolas Sarkozy, qui lui promet Matignon en cas de victoire. Il sera effectivement Premier ministre de 2007 à 2012. En juin dernier, il est élu député de Paris.

Leurs points forts : Copé le chef de parti, Fillon le futur président

Jean-François Copé s'est préparé. Depuis son arrivée à la tête de l'UMP fin 2010, il a sillonné les fédérations et placé ses hommes aux postes clés. Il se sait moins populaire que François Fillon dans l'opinion et décide donc de jouer à fond la carte des militants. Il assume une ligne de "droite décomplexée" qui a tant fait le succès de l'ancien président de la République. Il lui laisse d'ailleurs la porte ouverte pour un éventuel retour en 2017, se présentant avant tout comme un chef de parti et pas comme un candidat à la présidentielle de 2017. Il revendique "plus de 10.000 parrainages", comme un signe qu'il tient bien le parti.

François Fillon est lui "l'homme de Matignon", qui connaît bien les affaires. Premier ministre de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2012, il jouit d'une image d'homme d'État. Une image que son rival ne possède pas, ce qui lui permet de jouer sans ambages la carte présidentielle, la carte de celui qui sera le mieux placé pour battre François Hollande en 2017. Tenant de la rigueur économique, il mène une campagne de rassembleur et tient des discours de présidentiable plus que de candidat à une élection interne.

Leurs points faibles : où se placer à droite ?

Si Jean-François Copé tire profit de sa stratégie de "droite décomplexée", il y a aussi le revers de la médaille. Il est souvent jugé trop clivant, trop agressif et trop froid. En fin stratège, il tente d'adoucir son image : "Je vous embrasse!", lance-t-il ainsi désormais systématiquement lors de ses meetings, où il apparaît fréquemment en compagnie de son épouse Nadia.

François Fillon a lui aussi les défauts de ses qualités : les sympathisants UMP le plébiscitent (59% d'avis favorables, selon un récent sondage Ifop pour le site internet Atlantico, contre 20% pour son principal rival) mais qu'en est-il des adhérents, seuls appelés à voter en novembre? Face au discours clairement positionné à droite de son adversaire, François Fillon a durci le ton sur les questions régaliennes ("assimilation" des immigrés, sécurité...).

Les deux équipes

Jean-François Copé

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Deux soutiens de Jean-François Copé : Jean-Claude Gaudin et Jean-Pierre Raffarin © Reuters

  • Son "ticket": Luc Chatel, ancien ministre de l'Education, et Michèle Tabarot, députée des Alpes-Maritimes.
  • Sa garde rapprochée: Jérôme Lavrilleux, son directeur de cabinet, et Christian Jacob, patron des députés UMP.
  • Ses principaux soutiens: Jean-Pierre Raffarin, ancien Premier ministre, Jean-Claude Gaudin, maire de Marseille, Thierry Mariani, cofondateur du courant Droite populaire, Rachida Dati, maire du VIIe arrondissement de Paris, et l'ex-députée Valérie Rosso-Debord. Dernier soutien hier : Nadine Morano qui rend public son ralliement dans un entretien publié sur le site internet du Figaro.

Nadine Morano rejoint Jean-François Copé, le sarkozyste convaincu   
 

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François Fillon

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Trois soutiens de François Fillon : Roselyne Bachelot, Valérie Pécresse et Christian Estrosi © Reuters


  • Son "ticket": Valérie Pécresse, ex-ministre de l'Enseignement supérieur, et Laurent Wauquiez, député de la Haute-Loire.
  • Sa garde rapprochée: Eric Ciotti, député des Alpes-Maritimes, l'ex-ministre de la Santé Roselyne Bachelot et le député UMP du Val d'Oise Jérôme Chartier.
  • Ses principaux soutiens: Christian Estrosi, député-maire de Nice et secrétaire général de l'Association des amis de Nicolas Sarkozy, Chantal Jouanno, sénatrice de Paris, Hubert Falco, sénateur-maire de Toulon et Philippe Goujon, patron de la fédération UMP de Paris. Deux soutiens sont venus se rajouter hier : celui de l'ex-ministre Dominique Bussereau et du président des jeunes UMP Benjamin Lancar qui a fait connaître son choix dans un entretien à 20 minutes.

La présidentielle de 2017 en ligne de mire ?

Si Jean-François Copé ne ferme pas la porte à un retour éventuel de Nicolas Sarkozy, François Fillon l'avoue : il faudra compter sur lui en 2017. L'un de ses soutiens les plus fidèles, Valérie Pécresse, le dit : "Le vainqueur dans la course à la présidence de l'UMP prendra aussi naturellement une bonne position pour se présenter à la présidentielle de 2017", a-t-elle déclaré hier dans une interview à la matinale de Canal Plus.

Mais pour la course à l'Elysée, les deux hommes ne seront pas seuls. Un autre poids lourd de la droite, l'ancien ministre Xavier Bertrand a certes annoncé qu'il renonçait à la présidence du parti mais qu'il comptait bien être candidat pour la primaire en vue de la candidature en 2017. Et il s'est bien gardé de dire qui il soutenait pour cette bataille de l'UMP. Cette bataille de 2012 à droite ne semble donc être qu'un avant goût de la bataille annoncée pour 2017.

Le duel Copé-Fillon © IDÉ

Par Rémi Ink
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