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L'adieu à Bobby

le Samedi 30 Juin 2012 à 05:10
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Tout l'été 2012, avec la complicité de la Revue 6 Mois, Pascal Delannoy vous fait voyager dans le monde entier.
Juin 68 : Une photo qu'on n'a pas pu oublier. Los Angeles, les cuisines de l'Hôtel Ambassador. Robert Kennedy vient d'être abattu de trois balles. Le premier qui se penche vers lui c'est un serveur avec sa veste blanche.

6 Mois © Radio France

Mais dans notre mémoire collective, d'autres images méritent toute leur place. Trois jours plus tard en effet, après avoir traversé le pays en avion, le cercueil est emmené dans un train, entre New York et Washington. Le petit frère va rejoindre le grand au cimetière d'Arlington.

C'est un samedi, il fait beau et, ce que personne n'avait vraiment imaginé arrive. Un million d'américains se postent le long de la voie ferrée pour rendre hommage à l'un des enfants les plus prometteurs de l'Amérique.

Robert Kennedy n'avait que 42 ans. Le sénateur était candidat à l'élection présidentielle. Et ses chances devenaient réelles autant dire que l'affront de Dallas pouvait être lavé.

Dans les mois qui avaient suivi l'assassinat du Président, Robert avait fini par être convaincu que la mafia, une ou plusieurs mafias, étaient les vrais coupables. A la Maison Blanche, leurs intérêts étant directement menacés.  

Bien sûr officiellement le meurtrier de Robert Kennedy est un jeune palestinien mais aujourd'hui encore le mystère reste total.

Restent donc les photos de ce long voyage qui nous racontent parfaitement les Etats-Unis des années 70.

Bien sûr des cols blancs, des ouvriers, mais surtout des personnes, autrement dit chacune, chacun ce jour là a pris la décision de partager la peine immense qui a gagné le pays.

Le photographe Paul Fusco confirme : "Ces gens avaient d'immenses espoirs, ils ont vu leurs rêves mourir".

Ces gens, ce sont des militaires qui brandissent la bannière étoilée, une famille, le père, la mère et les cinq enfants. Là on est au milieu de la campagne. Il doit faire très chaud, les enfants sont en shorts. Et puis, Noirs et Blancs, plus souvent qu'on pouvait s'y attendre, ensemble.

On comprend bien, on comprend surtout que l'Amérique se regarde elle-même. Cinq ans après Dallas pourquoi ?

Ce reportage est à retrouver dans la Revue6 Mois ". La semaine prochaine direction le Sud de l'Inde où une organisation humanitaire soigne des milliers de malvoyants.