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Marseille : le gouvernement rejette la présence de l'armée dans les quartiers

le Jeudi 30 Août 2012 à 15:42
Par Mélanie Potet

Le gouvernement souhaite renforcer les dispositifs policiers et les moyens de lutte contre la drogue à Marseille © SIPA

Au lendemain du meurtre d'un homme de 25 ans dans les quartiers nord de Marseille, Samia Ghali, maire socialiste des 15e et 16e arrondissements de la ville, a réclamé l'intervention de l'armée. Une solution en aucun cas envisageable pour le gouvernement. Un comité interministériel doit se tenir le 6 septembre prochain.

Après un 19ème mort à Marseille dans un règlement de comptes et la polémique lancée par la sénatrice socialiste, Samia Ghali sur un recours à l'armée réclamé , le gouvernement a décidé de prendre le dossier en main. Jean-Marc Ayrault s'est dit déterminé "à ne pas laisser les choses dériver" et en a appelé "à la mobilisation de tous".

Le Premier minstre a convoqué un comité interministériel pour le 6 septembre. Manuel Valls (Intérieur), Christiane Taubira (Justice), Vincent Peillon (Education), François Lamy (Ville), Marylise Lebranchu (Réforme de l'Etat), Arnaud Montebourg (Redressement productif) et Pierre Moscovici (Economie et Finances) se réuniront à Matignon afin d'élaborer un programme d'action pour la ville, enlisée dans une "guerre des cités". Mais le gouvernement a déjà exlcu toute intervention militaire dans les quartiers marseillais.

L'armée "n'a pas sa place" pour Manuel Valls

Que ce soit en mai 1968 ou lors des émeutes qui ont ébranlées la france en 2005, l'armée n'est jamais intervenue pour maintenir l'ordre dans les quartiers difficiles. Pour autant, une telle intervention est régulièrement souhaitée par des élus pour épauler les forces de l'ordre. Mais cette fois encore, il est "hors de question" pour le gouvernement d'envisager une réponse militaire aux crimes et aux drames rencontrés comme le déclare Manuel Valls, ministre de l'Intérieur, favorable à "une réponse globale, en profondeur et particulièrement forte".

"Ce serait désigner ces quartiers et leurs habitants comme des ennemis" considère le ministre de l'Intérieur  
 

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Des propos appuyés par le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian : "conformément aux déclarations du ministre de l'Intérieur, le ministre de la Défense confirme que le concours de l'armée n'est en aucun cas envisagé dans le maintien de l'ordre public à Marseille".

Par ailleurs, le chef de l'État, François Hollande a déclaré lors d'un point presse avec le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy,  que "l'armée n'a pas sa place pour contrôler les quartiers de notre République. (...) c'est le travail de la police, qui doit d'ailleurs être renforcée encore à Marseille".

Pour François Hollande, l'armée n'a pas sa place à Marseille... Écoutez la réaction du président depuis Madrid  

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Plus de moyens pour la lutte contre la drogue

Renforcer les dispositifs de lutte semble donc la solution explorée par le gouvernement. Alors qu'un sondage IFOP de 2011 révélait que 60% des Français estimaient que le recours à l'armée constituerait "un symbole de retour de l'ordre républicain dans certaines zones du territoire", les contestations affluent après la demande de Samia Ghali qui estime qu'il n'y a "que l'armée qui puisse intervenir face aux engins de guerre utilisés par les réseaux" criminels et les trafiquants de drogue.

Jean-Claude Gaudin, maire UMP de Marseille, a lui jugé les propos de la sénatrice "irresponsables" et a considéré que seule une réponse ferme et adaptée du gouvernement "qui aille au-delà des effets d'annonce de la création de zones de sécurité prioritaires" peut ralentir la recrudescence des actes de violence.

"La ville a besoin de renforts de police, pas d'un appel à la guerre civile" (Jean-Claude Gaudin)

Une vision partagée par le délégué zonal adjoint du syndicat de policiers Alliance, David-Olivier Reverdy : "chacun son métier ! Qu'on nous donne plutôt les moyens de lutter contre les trafics souterrains".

Pour le sociologue Sébastien Roché, l'armée est une réponse inadaptée et il faut attaquer le problème à la racine  

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2012, un bilan accablant

Cette polémique grandissante sur un éventuel recours à l'armée et l'annonce d'un comité interministériel interviennent au lendemain d'un nouveau meurtre dans les quartiers nord de Marseille.

Tué mercredi soir d'une rafale de Kalachnikov, le jeune homme de 25 ans est la deuxième victime du mois d'août. Relâché de prison, un homme avait été tué par balles samedi soir dernier dans les quartiers sud de la ville. 

Quatorze personnes ont été tuées dans un règlement de comptes depuis le début de l'année. Pas moins d'une vingtaine dans la région marseillaise. Soit déjà plus que sur toute l'année 2011 (16 morts, dont 13 dans la cité phocéenne).

Par Mélanie Potet
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Vos réactions sur cette info
Avatar de bruno-larochesuryon
bruno-larochesuryon,
A quand la tolérance zéro ????????
Avatar de anonyme
CAEN4 (anonyme),
Ils savent à quoi ils s'engagent en tant que delaer et en connaissent les risques. Qu'ils s'éliminent entre eux ne pose pas de problème au contraire cela coutera moins au contribuable. Le seul souci c'est en cas de dommages colatéraux.
Avatar de anonyme
Ludvig (anonyme) @ CAEN4 (anonyme),
Oui mais enfin, nou ne sommes pas à Chicago pendant la prohibition? que je sache..sinon chacun pourrait faire sa "loi" et là ce serait vite chaotique..
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