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Libye : Mitt Romney rate son examen d'entrée sur la politique étrangère

le Jeudi 13 Septembre 2012 à 11:47 mis à jour à 14:47
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Mitt Romney a voulu faire trop vite. Et trop fort. Après les émeutes anti-américaines en Égypte et en Libye mais surtout avant d'apprendre la mort de quatre américains dont l'ambassadeur des États-Unis en Libye, le candidat républicain a qualifié de "honteuse" la première réaction de l'administration Obama. Aujourd'hui, les conséquences de cette déclaration sont désastreuses.

Mitt Romney condamne la première déclaration de l'administration Obama © Reuters - Jim Young

Mitt Romney est l'auteur d'un livre en 2010 : "No Apology". Il y reproche à Barack Obama d'avoir tenté d'apaiser les ennemis de l'Amérique. Une attaque qu'il vient de réitérer après l'attaque mardi des consulats d'Egypte et de Libye.

L'ambassade américaine au Caire fait rapidement partir un communiqué qui dénonce le contenu du film anti-Islam qui provoque les manifestations. La candidat républicain fonce bille en tête et dénonce une réponse "honteuse". "Je pense que c'est prendre une trajectoire terrible pour l'Amérique que de s'excuser de nos valeurs", explique-t-il.

La presse américaine qualifie " d'erreur " la déclaration de Romney

Pour la presse américaine, Mitt Romney semble avoir voulu tirer un avantage politique d'une attaque qui a coûté la vie à 4 américains. Impardonnable pour beaucoup d'éditorialistes. Sur MSNBC, Lawrence O'Donnell déclare : "le camp Romney aurait mieux fait de ne rien dire car dans ces cas-là (...), la seule chose qui va attirer l'attention est de dire une chose stupide, ce qu'ils ont réussi à faire". Même son de cloche pour Chuck Todd sur la même chaîne : "Mitt Romney a mal calculé quand il a décidé d'attaquer le président Barack Obama".

Romney lâché dans son propre camp

Aux yeux de tous, le candidat Romney a parlé un peu trop vite. Personne ne semble le suivre, même parmi les plus farouches opposant à Barack Obama. Comme le rapporte le New York Times, la plupart des républicains à Washington se sont joints aux démocrates pour dénoncer les attaques contre les ambassades américaines.

Le sénateur républicain du Kentucky Mitch Mc Connel, critique fréquent d'Obama salue la réponse d'Obama : "Nous rendons hommage aux Américains qui ont perdu la vie en Libye et affichons notre unité dans la réponse qu'il faut y apporter". Idem pour John McCain, sénateur républicain de l'Arizona, ancien adversaire d'Obama dans la course à la Maison Blanche en 2008 et qui ne manque pourtant jamais une occasion de critiquer la politique étrangère du président américain. Mitt Romney doit se sentir bien seul.

Riposte des démocrates

L'équipe de campagne de Barack Obama riposte rapidement aux critiques. Le porte parole du président américain reproche à Mitt Romney de lancer des "attaques politiciennes le jour d'un pareil drame", rapporte le site américain Politico.

Le coup de grâce vient du président lui-même. Invité de 60 minutes sur CBS, Barack Obama juge que "Romney tire avant de viser et qu'il faut avoir tous les faits avant de faire un communiqué". Comme une manière de rappeler les manières de cow-boy de Georges Bush, parti de la Maison Blanche en 2008 avec une côte de popularité certainement la plus basse de l'histoire politique des Etats-Unis. Obama s'élève alors en président posé et confiant et qui compte bien le rester. 

Obama juge que Romney "tire avant de viser" © tpmtv

 Mitt Romney tente vainement de corriger le tir, un peu maladroitement, devant les journalistes. "La Maison Blanche a pris ses distances hier soir avec le communiqué [publié par l'ambassade américaine au Caire], assurant qu'il n'avait pas été validé à Washington. Cela montre les signaux ambigus que cette administration envoie au monde", juge-t-il, en s'emmêlant un peu les pinceaux.

Romney tente de corriger le tir © Buzzy Feedly

Les démocrates tire un avantage de cette "bourde"

Reste pour les démocrates à tout faire pour que la déclaration de Romney reste dans les mémoires comme une déclaration pas vraiment "présidentielle", dans un pays où la politique étrangère est essentielle. Et de conserver l'avance du président démocrate : 51% des électeurs sondés récemment par le Washington Post-ABC News pensent qu'Obama ferait un meilleur travail pour lutter contre le terrorisme.

Cette phrase  de Gail Collins à retenir ce matin dans le New York Times : "Il reste deux mois et nous voilà à repenser notre présomption que les électeurs des primaires républicaines avaient choisi l'option la plus stable".

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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Vote(s) 40
"dans un pays où la politique étrangère est essentielle" Nope. Pas traditionnellement. Le peuple américain se préoccupe beaucoup plus des affaires intérieures, et à juste titre: l'économie américaine est très dépendante de ce qui se passe sur place. Et c'est tout particulièrement vrai en période électorale. Dans l'absolu, l'importance de la politique étrangère est la même que pour les autres pays développés, avec quelques bémols: les USA sont habitués à mener le bal et ont généralement moins besoin d'avoir recours à toute la panoplie de subtilités qu'emploient nombre de pays plus modestes - dont la France. Le passage à une diplomatie moins "dominatrice", mal maitrisée faute d'expérience dans ce domaine, peut être déstabilisant - pour tous - et avoir des effets imprévisibles. Plus ou moins bénéfiques.
Avatar de anonyme
Vote(s) 46
Il faut tjs tourner sa langue 7 fois ....! .