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Najat Vallaud-Belkacem nous enfume-t-elle sur les prix du tabac ?

le Jeudi 6 Septembre 2012 à 05:50
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Alors que les buralistes organisent une journée d'action ce jeudi, le gouvernement peaufine son plan anti-tabac, qui devrait être présenté avant la fin du mois. Najat Vallaud-Belkacem confirme (sur RTL) qu'une hausse des prix du tabac est à l'étude, une hausse "symbolique" (de l'ordre de 6%) mais qui aura tout de même des effets sur la santé publique. La porte-parole du gouvernement dit-elle vrai ?

Najat Vallaud-Belkacem nous enfume-t-elle sur les prix du tabac ? © Reuters - Philippe Wojazer

Faux

Il n'y a aucun effet en matière de santé publique tant que la hausse du prix du tabac reste "symbolique". Les yeux rivés sur les courbes de prix et de consommation, le directeur de l'Office français de prévention du tabagisme (OFT) est formel : "A moins de 10 % d'augmentation à chaque fois, il n'y a aucune efficacité. Quand on augmente le prix du tabac d'au moins 10 %, on observe effectivement une baisse mécanique de 4 à 6 % de la consommation. Mais en-dessous de 10 % : rien", explique Joseph Osman.

Dans son argumentaire, Najat Vallaud-Belkacem cite en exemple une augmentation des prix sous la présidence Chirac, et qui avait conduit "près de deux millions de personnes" à arrêter de fumer. Cette augmentation était-elle "symbolique" ? Pas vraiment. Puisqu'en l'espace d'un an, entre 2003 et 2004, le prix du tabac avait augmenté de près de 40 % et la consommation avait chuté d'autant : 1,8 million de personnes avaient arrêté de fumer.

Consommation stable, recettes en hausse

Mais depuis 2004, la consommation de cigarettes a stagné. Et à coups de petites augmentations de prix indolores, les multinationales du tabac ont engrangé près de 600 millions d'euros supplémentaires. Avec la mesure que le gouvernement s'apprête à prendre, elles toucheront 140 millions d'euros de plus, pour continuer à faire le même travail.
Mais l'industrie du tabac n'est pas la seule gagnante de ces augmentations de prix "symboliques" : Joseph Osman cite "les buralistes" qui ont gagné plus d'un milliard d'euros supplémentaires depuis 2004, "l'industrie du médicament" qui continuera à vendre ses substituts nicotiniques, "les autorités de santé" qui engrangeront quelques recettes fiscales supplémentaires etc. "Mais certainement pas ceux qui s'impliquent au quotidien dans l'aide à l'arrêt du tabac, comme les associations", conclut le directeur de l'OFT.

Plus riches, plus libres et en meilleure santé

Pour la bonne santé des finances publiques, l'Etat aurait tout intérêt à ce que les Français se détournent de la cigarette. Si le tabac rapporte chaque année 14 milliards d'euros de recettes fiscales, le tabagisme coûte 18 milliards (source : rapport Kopp repris dans le dossier d'Yves Bur remis au ministre de la Santé début 2012). La différence représente une bonne partie du trou annuel de la sécurité sociale (9,5 milliards en 2011, 5,9 milliards prévus en 2012).

L'OFT a calculé que chaque adulte français, fumeur ou non, pourrait avoir dans sa poche 1.000 euros de plus chaque année, si le tabac avait quitté le sol européen.
Mais face aux lobbys de l'industrie du tabac, santé et comptes publics ne semblent pas faire le poids.

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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Très bonne rubrique merci beaucoup. Cependant, on ne chiffre jamais les gains pour l'Etat du tabac lié aux dépenses de retraites non engagées pour les personnes ayant réduit leur durée de vie par la cigarette. Sans les cigarettes, ce coût serait probablement très important...
Avatar de anonyme
Que le tabac soit un probleme de sante publique c'est certain mais en augmentant sans cesse les prix du tabac on finit par favoriser le trafique du tabac. On résous partiellement un probleme pour en créer un autre.
Avatar de anonyme
Quand mettra-t'on enfin à la disposition du public le détail de la répartition des taxes prélevées sur le tabac, l'alcool ou l'essence ? Nous, fumeurs, culpabilisés depuis des décennies, aimerions bien savoir quel pourcentage de ces taxes est attribué à l'assurance maladie. Quel gouvernement aura le courage de nous l'avouer ?
Avatar de bruno-larochesuryon
bruno-larochesuryon,
La consommation de tabac rapporte à l'état 13 milliards par an. Veulent t'ils vraiment perdre cette manne financière? Si ils voulaient vraiment réduire les fumeurs, ils devraient réguler les produits pour arrêter. Les patchs, les chewing-gum à la nicotine, tout cela reste cher, si le tabac augmente de 6%, ces produits devraient baisser de 6%. A la longue, ces produits couteront de moins en moins cher et il sera plus abordable de mettre des patchs.