Nicolas Sarkozy envisage de soumettre à référendum un nouveau système d'indemnisation des chômeurs qui seraient obligés d'accepter le premier emploi pour lequel ils auront bénéficié d'une formation, s'il est réélu au printemps prochain. Le chef de l'Etat, qui n'a pas encore officialisé sa candidature, a fait sensation et déclenché un tollé, sauf chez ses partisans.
Le candidat PS à l'Elysée, François Hollande, aujourd'hui à Orléans © Reuters Charles Platiau
"Passé un délai de quelques mois, toute personne au chômage sans perspective sérieuse de reprise d'emploi devra choisir une
formation qualifiante", explique-t-il. "Celle-ci sera définie par un comité national qui identifiera, avec des chefs d'entreprise et des syndicalistes, les secteurs d'avenir créateurs d'emplois."
"A l'issue de cette formation, qui sera obligatoire, le chômeur sera tenu d'accepter la première offre d'emploi correspondant au métier pour lequel il aura été nouvellement formé", ajoute Nicolas Sarkozy.
Pour répondre aux nouveaux besoins de formation que cela suppose, le chef de l'Etat promet d'engager "une grande réforme de la formation professionnelle".
Nicolas Sarkozy estime que la meilleure façon de surmonter les blocages éventuels serait de "s'adresser directement au peuple français", en faisant un "référendum".
Politologues et opposants l'interprètent comme une tentative de ratisser le plus à droite possible, alors qu'à 70 jours environ du premier tour de la présidentielle, Nicolas Sarkozy est donné perdant par tous les sondages face à François Hollande.
Le candidat socialiste n'a pas jugé bon de répondre sur le fond à ces propositions."J'entends un candidat qui ne l'est pas encore, et un président qui ne le sera peut-être pas très longtemps, je l'entends évoquer des référendums sur de nombreux sujets, dans
l'hypothèse où il serait reconduit", a-t-il dit lors d'un meeting à Orléans. "Le prochain référendum, c'est l'élection présidentielle."
Le Front national a immédiatement réagi en accusant M. Sarkozy de reprendre des idées de Marine Le Pen.
Pour Benoît Hamon, porte-parole du PS, le président est "champion quand il s'agit de brandir le glaive face aux plus vulnérables".
Il s'agit d'"une manipulation grossière d'un président à l'agonie", a dénoncé le Front de Gauche du candidat Jean-Luc Mélenchon.
Sévérité partagée par François Bayrou, candidat du MoDem, qui juge l'idée de référendum sur les chômeurs de "pernicieuse".
"C'est le petit monde politico-médiatique qui m'a prise en grippe, pas l'opinion publique" (Eva Joly, candidate EELV à l'Elysée, sur les critiques visant sa campagne)
"Ca progresse, ça progresse bien. Je pense qu'on les aura" (l'ex-Premier ministre Dominique de Villepin sur sa collecte de parrainages).
Propositions de Nicolas Sarkozy : pour François Hollande, le prochain référendum, ce sera l'élection présidentielle.
Sarkozy candidat ? Pour François Bayrou, il est grand temps que le président dise qu'il est candidat

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