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Législatives : le scrutin commence pour les Français de l'étranger

le Mercredi 23 Mai 2012 à 05:00
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Alors que les premiers et seconds tours n'auront lieu que les 10 et 17 juin, les électeurs de l'étranger vont pouvoir voter par internet à partir de midi aujourd'hui pour élire leurs députés (le vote physique aura lieu le 3 juin). Une première. Jusqu'ici, les expatriés n'étaient représentés que par 12 sénateurs élus par l'Assemblée des Français de l'étranger.

Les Français de l'étranger vont voter en ligne pour les législatives

Le monde a été découpé en 11 circonscriptions pour les législatives. Le Royaume-Uni fait partie de la 3ème circonscription, celle d'Europe du Nord, un territoire qui va de l'Irlande aux pays baltes en passant par le Groenland. Dix pays au total. Mais le Royaume-Uni représente 80% des 90.000 électeurs inscrits.

C'est la première particularité de ce scrutin à l'étranger : la plupart des 11 circonscriptions recouvrent une immense superficie.

"La circonscription d'Europe du Nord est très vaste" constate le candidat du Modem, Yannick NAUD. Elle fait 4 millions de km2. Alors bien sûr c'est beaucoup, mais au Groenland, une seule personne vote. Je ne sais pas si elle va voter. J'espère qu'elle va le faire. Mais en tout cas, si on enlève le Groenland, le territoire à couvrir se réduit à 1,8 million de km2. Bien sûr, c'est encore beaucoup. Alors on voyage. Mais comme on ne peut pas aller partout, on utilise énormément Internet pour faire passer nos messages et créer un dialogue avec les électeurs. "

Sur le terrain, les vingt candidats de la circonscription d'Europe du Nord privilégient évidemment les zones où il y a le plus de Français, à commencer par Londres. Six électeurs sur dix vivent dans la capitale britannique où sont aussi établis la grande majorité des candidats.

Les Français de l'étranger voient d'un bon œil cette innovation électorale. C'est un moyen pour eux de participer à la vie politique française. Car si l'expatriation est parfois longue, beaucoup de séjours à l'étranger ne durent que quelques années, avant un retour en France.

"Je m'intéresse beaucoup à la politique française, dit Nathan, 18 ans, étudiant en sciences politiques à Londres, donc ça me paraît très important de pouvoir élire mon député. Mon pays c'est d'abord la France. Je ne m'intéresse pas autant à la politique anglaise qu'à la vie politique dans mon pays."

 Mais beaucoup de Français de l'étranger ne savent même pas qu'ils peuvent cette année élire leur député. Le message est manifestement mal passé au-delà des frontières. La candidate du PS Axelle Lemaire constate que "de nombreux électeurs ignorent qu'ils peuvent pour la première fois participer aux législatives. En plus, beaucoup d'entre eux n'ont pas fourni leur adresse email au consulat. Donc ils ne reçoivent même pas nos messages. Ils vont découvrir cette nouveauté électorale en recevant les professions de foi des candidats par la Poste. Et beaucoup d'entre eux n'auront pas pris leurs dispositions pour pouvoir voter ".

 Autre particularité de ce scrutin : il n'y a pas de sondage et aucun précédent bien sûr. La seule référence, c'est donc la présidentielle.

Si l'on se fie aux résultats du premier tour (plus de détails ici et ici), les candidats des deux principaux partis, PS et UMP, étaient nettement en tête. D'une manière générale, à l'étranger, les extrêmes réalisent des scores très faibles, et aux législatives, le Modem ne peut pas espérer une triangulaire car l'abstention est trop forte à l'étranger (50% à 70%) pour atteindre 12,5% des inscrits et accéder au second tour.

 Huit des onze circonscriptions hors de France semblent promises à la droite, même si François Hollande a réalisé de bons scores dans certaines d'entre elles.

Les trois autres pourraient revenir au PS, notamment celle d'Europe du nord. François Hollande a créé la surprise ici, avec 53% des voix au second tour. La candidate de l'UMP Emmanuelle Savarit estime que Nicolas Sarkozy a trop fait la cour à l'extrême-droite : "Ca nous a fait perdre des voix et ça a fait peur à l'électorat. Il ne faut pas perdre de vue qu'il y a beaucoup de binationaux à l'étranger. Les électeurs ne sont pas les mêmes qu'en France, ils n'ont pas les mêmes préoccupations. La sécurité, l'immigration, ne sont pas des problèmes pour eux. Et puis nous sommes nous-mêmes des étrangers dans un pays d'accueil".

Samuel, un père au foyer qui a suivi sa femme à Londres. Il attend de son député qu'il réponde à ses besoins : "J'aimerais qu'il se batte pour que les Français de l'étranger puissent avoir droit aux allocations chômage, ou pour la gratuité des établissements scolaires. Ca coûte très cher ici. Et d'une manière générale, je voudrais qu'il fasse passer le message que les expatriés n'ont pas fui la France parce qu'ils ne l'aimaient pas mais pour la faire rayonner."

 Une élection à l'étranger échappe aux habituels impératifs médiatiques. Ici, pas de télévision ou de journal local. Et en Europe du Nord, aucun candidat n'est une figure de la vie politique française. D'où une certaine fraîcheur dans cette campagne électorale inédite.

Tous les candidats de la 3e circonscription des Français de l'étranger

M. Guy LE GUEZENNEC (FN), Mme Lucile JAMET (FG), M. Jérôme DE LAVENÈRE, LUSSAN (AUT), M. Denys DHIVER (DVD), M. Bertrand LARMOYER (AUT), Mme Ezella SAHRAOUI (RDG), Mme Emmanuelle SAVARIT (UMP), M. Christophe SCHERMESSER (ECO), Mme Anne-Marie WOLFSOHN (AUT), Mme Axelle LEMAIRE (SOC), Mme Marie-Claire SPARROW (DVD), M. Patrick KABOZA (AUT), M. Olivier BERTIN (VEC), M. Aberzak BOULARIAH (AUT), M. Olivier CADIC (DVD), M. Olivier DE CHAZEAUX (PRV), M. Gaspard KOENIG (DVD), M. Yannick NAUD (CEN), M. Will Mael NYAMAT (DVG), Mme Edith TIXIER (AUT)

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