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La succession de Martine Aubry agite le PS

le Mercredi 5 Septembre 2012 à 15:41 mis à jour à 17:52
Par Caroline Caldier

La première secrétaire du PS a annoncé qu'elle donnerait le nom de son favori pour sa succession à la tête du parti, au plus tard le 12 septembre. Les militants feront leur choix entre les candidats lors d'un vote dans les sections socialistes prévu en octobre. Mais des voix s'élèvent déjà au PS pour dénoncer un système de "cooptation" et un "raidissement" à la tête du parti.

Qui va succéder à Martine Aubry à la tête du PS ? Le député strauss-Kahnien Jean-Christophe Cambadélis ou le numéro deux du parti, Harlem Désir.

Le député Jean-Cristophe Cambadélis a, au départ, manifesté un intérêt discret pour le poste. Jusqu'à cette tribune publiée mercredi dans Le Monde où il expose son projet pour le parti.

Face à lui, Harlem Désir, numéro 2 du PS et qui avait assuré l'intermède pendant que Martine Aubry était candidate pour représenter le PS à la présidentielle. Il est déjà soutenu par des personnalités comme Bertrand Delanoë ou Vincent Peillon.

Un 3ème candidat a déjà jeté l'éponge : François Rebsamen, l'actuel patron des sénateurs socialistes. Pendant l'université d'été, il a déclaré au Journal du dimanche qu'il n'envisageait pas de postuler, sa candidature "n'aurait pas été suffisamment fédératrice".

Une motion de rassemblement présentée avec le Premier ministre

Si la bataille fait déjà rage entre les deux hommes, c'est le mode de désignation qui fait surtout polémique. Le président socialiste de la région Rhône-Alpes, Jean-Jack Queyranne, a déclaré redouter un processus "à la nord-coréenne". 

Il faut dire que sur le site du PS, le mode d'emploi de la nomination du Premier secrétaire est pour le moins succinct : "Les membres du Secrétariat national sont élus par le Conseil national, parmi les membres du Bureau national, sur proposition du Premier secrétaire".

Martine Aubry a de toute façon défini les règles de sa succession. Ses "conditions", qu'elle s'est bien gardée de révéler trop tôt, consistent à choisir un favori qui figurera en tête des signataires de la motion de rassemblement présentée avec le Premier ministre et assurée d'obtenir une très large majorité.

"Je discute avec tout le monde pour que chacun trouve sa place et que notre candidat au premier secrétariat soit choisi par un consensus général" (Martine Aubry)

Vues les réactions courroucées au sein de l'appareil, il semblerait que la maire de Lille ait raté son objectif. L'idée d'une motion "majoritaire" concoctée par la numéro un sortante et le Premier ministre, a fait réclamé lundi à Harlem Désir "un vote libre, ouvert, des militants auquel tout candidat puisse se présenter, quel que soit le choix qui sera proposé".

Le sénateur de la Nièvre Gaëtan Gorce avait déjà pointé du doigt une méthode "mi-soviétique, mi-vaticane". Mercredi, il en a remis une couche jugeant que ne pas organiser de vote en bonne et due forme serait une faute politique.

Invitée mercredi de France Info, la sénatrice Marie-Noëlle Lienemann, membre de l'aile gauche du PS, n'a pas usé de la langue de bois pour juger la façon dont Martine Aubry gère son départ à la tête du parti. "La cohésion d'une majorité, ça se construit, ça ne s'impose pas à la discipline", a fait valoir l'ex-ministre. "On a une vieille tradition de tribus gauloises, s'ils s'imaginent que c'est avec un coup de sifflet que tout le monde va rentrer dans le rang, c'est pas vrai", rajoute Marie-Noëlle Lienemann.

Les militants se prononceront lors d'un vote de toutes les sections prévu en octobre, avant un congrès qui se réunira à Toulouse et dont l'ambiance s'annonce explosive.

Par Caroline Caldier
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