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La robe de Cécile Duflot agite l'Assemblée nationale

le Mercredi 18 Juillet 2012 à 12:10 mis à jour à 17:03
Par Marion Bernard

La robe à motifs bleus et blancs que la députée a arborée mardi dans l'hémicycle n'a visiblement pas été du goût de tout le monde. Cécile Duflot a essuyé de copieux sifflets en provenance de la gent masculine assise sur les bancs du Palais Bourbon. Pourtant, aucun code vestimentaire établi ne vient justifier ce vent de machisme.

Machisme bas du front ou ignorance ? Les quolibets essuyés par la ministre depuis son arrivée au gouvernement posent la question. Il y a d'abord eu l'épisode du jean porté lors du premier conseil des ministres, et voici cette fois celui de la robe dans l'hémicycle.

Mardi, Cécile Duflot a arboré une robe à motifs bleus et blancs : tenue colorée qui, lorsque la députée, s'est avancée au micro pour répondre à une question sur le dossier du Grand Paris, a soulevé une étrange clameur dans les rangs. Quelques minutes de quolibets qui ont même poussé Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, à réclamer le retour au calme. Cécile Duflot, loin d'être décontenancée, a attaqué avec un regard noir et un sobre : "Mesdames et messieurs les députes, mais surtout messieurs visiblement...".  

L'épisode, aussi déplacé que la robe de Cécile Duflot est conforme aux règles de la bienséance (jupe au genoux, bras couverts, pas de décolleté), sera suivi d'un autre épisode, plus tard dans la salle des Quatre Colonnes. Bernard Debré, député UMP, y tance cette fois la présence de Rachida Dati , candidate à la mairie du VIIe arrondissement parisien, en se posant la question : "Je ne suis pas sûr que Vuitton ou Dior ait sa place à ce niveau-là".

Si les codes vestimentaires des tenues masculines à l'Assemblée sont clairs, comme le port obligatoire de la cravate, celui des femmes, lui reste encore totalement flou. Retour sur les paradoxes vestimentaires de la classe politique française.

Le pantalon : premier vêtement hors-la-loi chez les femmes

Paradoxe : le port du pantalon au féminin, largement banalisé depuis les années 70, est pourtant encore interdit par un texte de loi toujours en vigueur (signé par un décret de 1799, dont les radicaux de gauche ont demandé l'abrogation en avril 2010). Et pourtant, même l'Assemblée nationale est passée outre cette réglementation antédiluvienne : le pantalon chez les filles, dans l'hémicycle, est autorisé depuis 1980. La mesure est inaugurée par Chantal Leblanc, (selon l'auteur Christine Bard, auteur de Histoire du pantalon, Ed.Seuil)  mais Michèle Alliot-Marie avait déjà joué les rebelles avant elle : en 1972, interdite d'accès à l'hémicycle à cause de son pantalon, la députée avait proposé de le retirer dans la seconde....

La couleur, une audace : le cas Bachelot

Nulle mention non plus des couleurs autorisées dans le protocole vestimentaire, et pourtant, les tons qui détonnent sont autant d'occasion de se faire tancer. Roselyne Bachelot, ministre des gouvernements Chirac et Sarkozy, habituée aux vestes de tailleurs acidulées et au port de Crocs lors de réunions des ministre, en a fait les frais. Une résistance qui lui permis de réagir en douceur, sur son compte Twitter, à la polémique du jean de Cécile Duflot : "Franchement, si le jean de #Duflot est fabriqué en France, elle a bien fait de le porter au Conseil des ministres !"

EELV, les rebelles 

Cécile Duflot n'est pas la seule de son camp à remettre en cause l'obscurantisme vestimentaire en politique. François de Rugy, député EELV de Loire-Atlantique, revendique son refus de la cravate (corrigé à chaque fois par le bon soin des huissiers), et a même tenté, lors de l'été 2008, une autorisation spéciale en raison de la chaleur pour oublier la veste de costume : demande évidemment rejetée par la bienséance.

Dernier épisode en date, relaté par Cécile Duflot sur son compte Twitter : Corinne Bouchoux, sénatrice de Maine-et-Loire, a tenté une entrée en jean à l'Assemblée. Refus catégorique des huissiers. Réponse de Corinne Bouchoux : "aucun souci je l'enlève, j'ai une jolie culotte et ça tombe bien je me suis épilée ce matin". Le règlement du Sénat a donc fait l'objet d'un assouplissement instantané dans son usage ".

Chez les hommes aussi, la mode est un combat

Meilleur exemple : Jack Lang et son costume Thierry Mugler avec une veste à col mao. Nous sommes le 17 avril 1985, et Jack Lang, alors ministre de la Culture, tente de rester digne face à la clameur moqueuse qui monte des bancs. Le costume, de couleur sombre, est pourtant un modèle de sobriété. Le ton est donné : sortir des rangs vestimentaires en politique peut aussi se révéler un geste engagé.

Par Marion Bernard

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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
lacrobat (anonyme),
Pour ma part, ce qui me choquerait serait de voir un ou une député venir en short et tong ou paréo.
Avatar de anonyme
j'ai toujours adoré cécile duflot, quelqu'un à qui on ne la fait pas, qui ne s'en laisse pas compter, qui a le verbe haut, qui sait argumenter, bravo
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béatrice (anonyme),
50% des électeurs sont des électrices! Yen a marre! Le bleu de travail est autorisé pour les femmes, le travail des femmes a été toléré greâce à la guerre...Portons toutes des jupes! des robes! honte à vous représentants des citoyens et citoyennes
Avatar de anonyme
CHRISTINE (anonyme),
Qu'ils et elles portent un bleu de travail, une blouse, une robe (comme les avocats)....
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