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La prime à la casse bretonne

le Mercredi 6 Novembre 2013 à 07:40
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"Cassez, et vous obtiendrez gain de cause". Les manifestations en Bretagne mettent à mal l'autorité de l'Etat.

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La prime à la casse bretonne © FranceInfo

La comparaison est dans tous les esprits : tu brûles un portique écotaxe, et il ne se passe rien. Tu brûles un feu, et tu trinques. Le spectacle donné depuis plusieurs jours laisse perplexe : la destruction des quatre portiques bretons à plus d'un demi-million d'euros pièce, et des onze bornes écotaxes, dont une dans les Landes et l'autre dans le Nord, représente une facture d'au moins cinq millions d'euros d'équipements publics. Le tout dans une impunité totale. Vous avez sans doute entendu les auteurs de ces dégradations se féliciter au micro de France Info, et s'étonner au passage de l'absence des forces de l'ordre pour protéger ces installations particulièrement sensibles. Quand ce sont des cailleras qui fanfaronnent devant les caméras après avoir brûlé la cité, le bon peuple est choqué. Là, tout est normal.

Justement, la place Beauvau est montrée du doigt.

Mais que fait la police ? Le député écologiste François de Rugy a beau de demander à Manuel Valls de "faire respecter l'autorité de l'Etat". Mais pour la place Beauvau, la mission des forces de l'ordre était de contenir les casseurs de Quimper, mais pas de protéger les portiques. "Matignon n'a pas réclamé de dispositif particulier et Valls n'est que ministre de l'intérieur. Il n'est pas responsable de la ligne du gouvernement, surtout pas depuis l'épisode Leonarda", analyse l'un de ses proches soutiens. D'où son silence persistant. Un certain nombre de ministres et d'élus bretons avaient pourtant alerté le président et son Premier ministre des risques de dérapages dans la région. C'est à croire que l'exécutif a décidé de sacrifier ces portiques payés avec nos impôts, ce qui ajoute de la gabegie à l'absurdité de la situation. Le gouvernement n'est-il tout simplement pas en train d'abandonner l'écotaxe, face à la pression populaire.

L'occupation de la sous-préfecture de Morlaix répond à la même logique.

Deux cents salariés de l'entreprise de poulets Tilly-Sabco ont pu défoncer à l'aide d'un tractopelle les grilles d'un édifice public, sans être inquiétés. Le plus troublant est que c'est leur PDG, bonnet rouge sur la tête, qui est venu siffler la fin de la récré, le ministre Stéphane le Foll s'étant engagé, en personne, par écrit à défendre les aides à l'exportation à Bruxelles. Moralité : dans ce pays, il n'y a qu'en manifestant et en cassant que tu obtiens.

Les revendications des manifestants seraient illégitimes ?

Bien au contraire. La révolte bretonne qui dépasse la seule écotaxe pointe le vide de l'Europe en matière d'harmonisation fiscale et sociale. Patrons et salariés, qui ne se sentent pas écoutés et manifestent main dans la main, démontrent que seule la violence resterait le seul moyen de réveiller les pouvoirs publics. Mais attention : une démocratie qui ne s'exprime que dans l'affrontement est dans l'impasse. L'absence de réponse face aux violences marque un inquiétant affaissement de l'autorité de l'Etat. L'ultimatum lancé aujourd'hui par les bonnets rouges va faire figure de test. Le gouvernement est face à un risque réel de contagion de la colère sociale au niveau national.

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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Peut être que le gouvernement avait besoin d'images fortes pour discréditer le mouvement? Mais on peut s'étonner du comportement du PDG de Tilly-Sabco et des salariés qui manifestent ensemble. Cette société sait depuis 2005 que les subventions européennes vont être supprimées. Mesure confirmée en 2008. Les dirigeants n'ont pas fait évoluer l'entreprise en 8 ans. Et c'est le ministre de l'agriculture qui doit aller négocier à Bruxelles les aides à la restructuration de cette usine qui étaient prévues par la communauté européenne depuis 2005 ????.
Avatar de cc0031
La prime à la casse bretonne? La prime a la pollution? C'est les bretons. Les pollueurs sont des assassins de notre terre, et la Bretagne est numéro un en Europe pour la pollution des sols. Alors ADIEU a ce secteur
Avatar de anonyme
Je me dis que si les salariés du privé (extrêmement plus nombreux) faisaient de même à propos des 3 jours de carence (contre zero pour les fonctionnaires) ils obtiendraient également gain de cause !
Avatar de anonyme
Cassez , cassez ! nous les contribuables français apprécierons quand nous recevrons nos feuilles d' impot .Une colère justifiée ne doit pas en occulter les conséquences .Mais en France la confrontation est de mise .Prendre les problèmes avec beaucoup d'anticipation ne semble pas etre de mise , jusqu'au jour ou l'orage nous tombe sur la tete !
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