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Europe, la stratégie du profil bas

le Vendredi 19 Octobre 2012 à 18:47
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L'info politique ce soir, c'est la conclusion du sommet européen à Bruxelles. L'union bancaire est sur les rails. Avec des concessions de part et d'autres.

Cela s'appelle un compromis, et cela correspond bien à la méthode Hollande, autant qu'à la personnalité d'Angela Merkel, vue de l'Elysée. La chancelière allemande aime procéder par étapes. Elle place donc la barre très haut, au départ, avec une position très éloignée de celle de la France, et peut finir par se rapprocher, à petits pas discrets. C'est un peu ce qui s'est passé sur l'union  bancaire. Angela Merkel ne voulait pas en entendre parler, et encore moins concernant les banques allemandes.François Hollande y tenait. Les points de vue paraissaient irréconciliables.

Et finalement, l'idée fait son chemin, mais très lentement.

L'idée progresse de façon concrète. C'est ce que veut retenir François Hollande. En juin dernier, le sommet européen consacrait une intention : la supervision bancaire était envisagée.

Un vœu pieu glosait ceux qui moquent l'inexpérience ou la naïveté de François Hollande en matière européenne.

Mais le président français, lui, savoure l'issue de ce dernier sommet. L'union bancaire n'est plus envisagée, elle est décidée, se réjouit François Hollande. Le dispositif législatif sera prêt en janvier. La supervision de toutes les banques européennes, y compris en Allemagne, est sur les rails. François Hollande pourrait crier victoire, se gargariser de ce premier pas, dire qu'il a obligé l'Allemagne à céder un peu... or, il ne le fait pas.

Au contraire, il prédit de nouvelles nuits blanches à Bruxelles, lors du prochain sommet qui va parler financement.

Cela fait partie de sa méthode. La stratégie de celui que l'on ne voit pas venir. Engranger des points, sans éveiller la méfiance de l'adversaire. Imaginez un compromis comparable sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Le président lui-même aurait sans doute vanté sa réussite, mais surtout, les responsables UMP auront multiplié les communiqués saluant cette négociation. Sous la présidence Hollande, les boites mails des députés de la majorité demeurent inactives. Le sommet de Bruxelles laisse les parlementaires de gauche de marbre.

Remarquez, les  parlementaires de l'opposition aussi.

C'est vrai. Et les tribunes étaient assez clairsemées à l'Assemblée, lors du débat précédent ce sommet. Alors que l'Union Européenne vient de recevoir le prix Nobel de la Paix, elle ne pénètre toujours pas la vie politique française au quotidien.  François Hollande et Angela Merkel pourraient assister ensemble à cette cérémonie, en décembre, à condition que le cas grec ait bien évolué. Mais à quoi bon se gargariser d'un Nobel, si les progrès européens, insuffisants ou pas, suscitent avant tout l'indifférence des responsables politiques français. Ce n'était pas le cas avec le couple Sarkozy Merkel. D'une part parce que l'Europe était brusquement confrontée à l'émergence brutale d'une crise sans précédent. D'autre part parce que l'action politique européenne était rythmée par des sommets tout aussi rudes, comme lorsqu'il s'est agi de mettre les responsables grecs au piquet.

Le tempo européen correspondait au tempo binaire de la vie politique française, où tout tourne autour de la dispute pour/contre. Aujourd'hui, la crise s'installe, sans à coup. Les sommets actent des compromis, où chacun gagne et perd à la fois. L'Europe est en train de changer de culture. Elle se tourne davantage vers les concessions réciproques, contrairement à la vie politique hexagonale, qui reste ancrée au clivage majorité opposition.

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Vos réactions sur cette info
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François (anonyme),
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Ce qui est amusant, c'est la différence entre la presse française qui ménage depuis son élection Hollande et la presse allemande sur le même sujet. pour eux, pas de doute, Merkel a claqué Hollande. (Dans les formes, mais elle n'a rien cédé)... Cela me rappelle un peu le sommet d'avant l'été où Hollande (et la presse française) avait crié victoire alors que nous étions passé sous les fourches caudines Allemandes... La preuve, 3 mois après, on vote ce que les Allemands avaient décidé...