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Comment trouver les vrais gens quand on est président?

le Vendredi 14 Septembre 2012 à 18:45
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François Hollande de retour en Corrèze aujourd'hui. Avant d'être président de la République, c'est là qu'il prenait le pouls des Français. C'est beaucoup moins facile aujourd'hui. Le président de la République, comme ses prédécesseurs doit résister à l'isolement du pouvoir.

Ça fait partie des impondérables quand un président de la République est élu. Imperceptiblement, les comportements se modifient autour de lui. Les commentaires des proches sont moins vifs, les critiques plus feutrées. Ceux qui l'apprécient veulent ménager leur champion. Les conseillers ont tendance à se retrancher derrière leur spécialité. Leur temps du chef de l'Etat est compté. Il ne doit surtout pas être gaspillé à des sujets hors de leurs compétences. Par exemple, au moment de l'affaire de l'EPAD, quand Nicolas Sarkozy envisageait tranquillement la nomination de son fils à cet organisme, aucun conseiller élyséen n'a osé lui dire que cette promotion, concernant son fils, passait très mal dans l'opinion. Chacun pensait qu'un autre se chargeait de cette désagréable besogne. Quand le chef de l'Etat va lui-même à la rencontre de français, le cérémonial de la fonction, les contraintes imposées par la sécurité, et celles de la communication politique dressent une barrière invisible infranchissable. La contestation est bannie. Les mauvais coucheurs écartés. Et petit à petit, inévitablement, le président de la République vit dans un monde où tout va bien. Les mauvaises nouvelles, les difficultés ne se traduisent plus que dans l'abstraction des notes ou des chiffres.

Comment remédier à cela ? 

Evidemment il se doit d'y remédier. Car un président isolé dans sa tour d'ivoire, où la vérité vécue par ses concitoyens ne s'incarne pas, devient un mauvais président. Chacun a sa recette. François Mitterrand entretenait différents cercles d'intimes, qu'il mettait en rivalité. Il entretenait quelques amitiés avec de vieux amis, élus locaux, qu'il consultait régulièrement, dans le Morvan notamment. Durant son premier quinquennat, l'association SOS-Racisme lui permettait également de prendre le pouls de la jeunesse. Jacques Chirac cherchait à susciter les critiques de son entourage, par l'humour. En tête à tête, il supportait les réflexions très vertes de ses visiteurs du soir.  Des amis fidèles, au franc-parler, comme Pierre Mazeau ou Jean-Louis Debré, qu'il rencontrait en toute décontraction, le dimanche soir à l'Elysée.

Nicolas Sarkozy lui aussi avait ses visiteurs 

Mais il se plaignait souvent de leurs bavardages intempestifs. Car la nature humaine est ainsi faite que celui dont le cœur a été sondé par le président de la République, aime à le faire savoir, et à dévoiler ses confidences. Or la communication règne en maître en politique. Un président qui rencontre un français mécontent est un Président qui échoue. Un président qui répond à un contestataire est un Président acculé. Un président qui sonde les cœurs est un président qui doute. Le contact direct est donc chose rare à l'Elysée.

Comment opère François Hollande, alors, pour lutter contre cet isolement inévitablement ? 

Avant d'être président de la République, la Corrèze constituait son baromètre régulier. Il s'y rendait quasiment tous les week-ends. Ce qui est évidemment impossible au chef de l'Etat. François Hollande s'est plaint de ce manque de contacts directs et impromptus. Il a dû organiser ses réseaux, ses amis fidèles qui lui disent les choses telles qu'ils les pensent. Ils savent rester discrets, et ne clament pas les confidences du chef de l'Etat. Comme ses prédécesseurs, François Hollande ne s'interdit plus les sondages, mais la procédure sera publique. Comme Nicolas Sarkozy, il multiplie les déplacements hors les murs parisiens, deux fois par semaine. François Hollande dispose également d'une technique personnelle, c'est le sms. Il en use pas mal, mais certains ministres commencent à s'en vanter. Le président de la République a beau se dire normal, aucun de ses faits et geste n'est banal, même s'il prétend décréter l'inverse.