aller directement au contenu
  • Votre radio, vos favoris, vos alertes personnalisées

La sucession de Martine Aubry, un piège pour François Hollande

le Mercredi 5 Septembre 2012 à 18:47
  • Pas encore de votes

La désignation du successeur de Martine Aubry devient un vrai problème au parti socialiste. Certains parlent de méthodes nord coréennes ou soviétiques. Voilà qui n'est pas très bon pour le parti majoritaire.

Sachant que ces qualificatifs sont employés par des socialistes. De bons militants, parlementaires PS, qui volent ainsi au secours de Harlem Désir actuel numéro 2 du PS, candidat au poste de numéro 1, et qui se plaint d'un mode de désignation opaque, en prenant les militants à témoin de cette procédure, un peu trop verrouillée à ses yeux, au profit de son rival, Jean-Christophe Cambadélis. Le drame se noue entre ces 2 personnages et Martine Aubry la première secrétaire. Aucun ne fait partie du premier cercle de François Hollande. Martine Aubry fut sa rivale pour la présidentielle. Harlem Désir fut l'un des proches de François Hollande, mais il y a longtemps. Il avait rejoint Martine Aubry ces dernières années. Jean-Christophe Cambadélis n'a jamais été copain non plus de François Hollande. Il l'a longtemps sous-estimé. Mais, en fin politique, cet ami de Martine Aubry et de Dominique Strauss-Kahn, s'était rapproché du candidat Hollande, sans prétendre devenir son ami, mais en mettant ses talents à son service. Cet organisateur, formé à l'école trotskyste, mécano de la majorité plurielle de Lionel Jospin, Jean-Christophe Cambadélis estime pouvoir être efficace à la tête du PS. Il a obtenu la neutralité de François Hollande. Et c'est Martine Aubry qui organise sa succession. Et c'est ce qui parait bien peu démocratique aux amis de Harlem Désir. Oui car Martine Aubry a décidé, avec l'accord de Jean-Marc Ayrault, qu'il n'y aurait qu'un texte de la majorité hollandaise, avec un chef de file, candidat au poste de premier secrétaire. Chacun a le droit de ne pas le signer, mais disons, que ce genre de démarche n'est pas facile à assumer, sauf à avoir le goût de la solitude du minoritaire. Donc, tout le monde signe ce texte, et Martine Aubry doit en choisir le premier signataire. Bien évidemment, pour ce faire, elle consulte, elle écoute, elle entend, elle cherche le consensus autour d'un nom. Et le nom qui est en train de sortir du chapeau, et que les militants auront la possibilité d'approuver, c'est celui de Jean-Christophe Cambadélis. Harlem Désir se sent débordé. Il critique la procédure, mais cela risque d'être un peu vain.

C'est un peu tard maintenant pour contester la procédure

Surtout qu'en dehors de son titre de numéro 2, et sa proximité avec les sociaux démocrates allemands, Harlem Désir n'a pas vraiment enrichi son CV. C'est vrai que sauf à vouloir contester la politique de François Hollande, un militant socialiste ne pourra voter que pour le candidat choisi par Martine Aubry. Mais ce genre de choix restreint n'est pas vraiment nouveau. Ça a été le cas après chaque victoire du PS. En 1981, c'est François Mitterrand qui avait choisi Lionel Jospin. En 1997, c'est Lionel Jospin, qui avait choisi François Hollande. En 2012, ce n'est pas François Hollande qui choisit le nouveau premier secrétaire, c'est Martine Aubry, avec l'aval de François Hollande. C'est la seule nouveauté. Les mécontents peuvent critiquer Martine Aubry, mais c'est François Hollande que leurs flèches risquent de blesser. Etre identifié comme le héros des anti Hollande au PS, le rôle est sans doute un peu lourd, et pas très porteur d'avenir, pour Harlem Désir.