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Grève dans les aéroports, niveau de perturbation incertain

le Dimanche 5 Février 2012 à 15:28 mis à jour le Lundi 6 février à 09:00
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Pour protester contre un projet de loi qui encadre le droit de grève, plusieurs syndicats des transports aériens appellent à cesser le travail à partir d'aujourd'hui. Ils dénoncent une "atteinte au droit de grève". Air France annonce entre 80 et 85% de vols maintenus.

Des grévistes à l'aéroport Charles-de-Gaulle le 22 décembre dernier © Reuters Pascal Rossignol

Ils n'acceptent pas la perspective de devoir déclarer deux jours avant une grève s'ils travailleront ou non. Pilotes, hôtesses et stewards sont invités par leurs syndicats à la grève, pendant quatre jours à compter d'aujourd'hui. Le texte adopté par les députés le 25 janvier prévoit la déclaration préalable des grévistes 48 heures avant le conflit, ainsi qu’une prévision du trafic pour les usagers, au plus tard 24 heures avant le début de la grève. Un système identique existe à la SNCF et à la RATP depuis 2008.

Situation très calme à Roissy ce lundi matin

Air France prévoit d’assurer plus de 85% de ses laisions long-courrier et plus de 80% de ses vols moyen-courrier. 126 annulations auraient été programmées dès ce dimanche soir sur 1.190 décollages et atterrissages prévus. Mais des annulations de dernière minute et des retards ne sont pas exclus. La compagnie encourage les voyageurs à consulter son site au moins 24 heures avant le départ. Les horaires des vols et les changements éventuels seront également disponibles sur le site d’Aéroports de Paris. Le préavis de grève est valable jusqu'à jeudi, et il est reconductible. En attendant, la situation était très calme ce lundi matin.

Les organisations qui l'ont déposé, dont le syndicat de pilotes SNPL, craignent des pressions hiérarchiques contre les employés qui prendront position à titre personnel, une fois la réforme en vigueur. Le délai donnerait aussi aux compagnies le temps de réorganiser leurs tableaux de service, ce qui réduirait l'impact des mouvements.

"Restreindre le droit de grève des salariés des compagnies aériennes et de leurs sous-traitants, à la veille de grandes réformes sociales et des élections présidentielles, est un coup monté. Sur fond de dialogue social et d'informations aux passagers, c'est bien la grève que le gouvernement veut éradiquer", dénoncent les syndicats d'Air France dans un communiqué. Le Sénat examinera à son tour la proposition de loi à partir du 15 février.

Fermeté gouvernementale

Le gouvernement soutient "sans ambiguïté" cette proposition de loi, a martelé hier la ministre des Transports. "Ce n'est pas la même chose de savoir 24 ou 48 heures à l'avance que votre vol va être annulé que de le découvrir au dernier moment, le jour des vacances avec vos valises et les enfants sous le bras", a précisé Nathalie Kosciusko-Morizet. "Il ne s'agit en rien d'une atteinte au droit de grève. Il s'agit juste de faire en sorte que tout le monde puisse s'organiser".