aller directement au contenu
  • Votre radio, vos favoris, vos alertes personnalisées

Google menace de ne plus référencer les médias français

le Jeudi 18 Octobre 2012 à 15:45 mis à jour à 17:20
Par Gilles Halais

Face à un projet de taxe sur les moteurs de recherche en France, Google montre les dents (Eric Schmidt, l'un des patrons) © Reuters - Kim Kyung-Hoon

Dans un courrier adressé à plusieurs cabinets ministériels, le géant de l'internet menace de ne plus référencer les médias français s'il était contraint de payer une taxe. Cette "taxe Google", voulue par le gouvernement, pourrait contribuer à sauver la presse écrite en perte de vitesse en France. Google sera reçu au cabinet de la ministre chargée de l'Economie numérique dès demain vendredi.

La lettre a été adressée ces jours-ci à plusieurs cabinets ministériels. Et la menace est claire : Google "ne peut accepter" que l'instauration d'une taxe "mette en cause son existence même. Et serait en conséquence contraint de ne plus référencer les sites français", écrit l'entreprise.

Mardi, la ministre de l'Economie numérique a confirmé étudier un projet de taxation des moteurs de recherche qui agrègent des contenus de sites d'actualité. Fleur Pellerin, qui juge ce projet "pertinent", devait d'ailleurs rencontrer ce jeudi son homologue allemande pour se faire présenter la "taxe Google" déjà votée outre-Rhin.
Mercredi, la ministre de la Culture s'est à son tour prononcée en faveur d'une telle taxe, réclamée par le Syndicat de la presse quotidienne nationale. Aurélie Filippetti estime qu'il "serait normal" que les moteurs de recherche contribuent au financement de la presse, parce qu'ils utilisent ses contenus. Cette taxe serait calquée sur celle que versent les radios aux maisons de disques, pour la diffusion des chansons sur leurs antennes. 

Le calendrier s'est donc accéléré, à tel point que le cabinet de Fleur Pellerin a fait savoir qu'il allait recevoir les représentants de Google dès demain, vendredi.

Quatre milliards de clics par mois

Google fait la pluie et le beau temps sur internet. En France aussi : 90 % des recherches formulées par les internautes passent par ce moteur de recherche, numéro un dans le monde. Dans son courrier au gouvernement, Google rappelle qu'il redirige vers les sites des médias français quelque 4 milliards de clics chaque mois.

Google est valorisé à Wall Street à hauteur de 185 milliards de dollars. L'entreprise a réalisé en 2011 un chiffre d'affaires de 38 milliards.

Par Gilles Halais
5
Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
@Aurélie Filippetti "estime qu'il "serait normal" que les moteurs de recherche contribuent au financement de la presse, parce qu'ils utilisent ses contenus..." c'est vraiment du grand n'importe quoi !!!! Il faut être stupide ou ne pas avoir réfléchi plus de 2 minutes pour sortir une aberration pareil... Moi j'aurais été google j'aurais viré les sites directe sans rien demandé à personne. Non mais. C'est plutôt google qui devrait vous faire payer pour utiliser son moteur de recherche.
Avatar de anonyme
@LaRédaction : C'est quoi ce titre ? On fait dans la dramatisation maintenant ? Pourquoi pas un titre plus neutre comme "Google annonce qu'il cessera de référencer les sites de presse" ?
Avatar de anonyme
SACCADI (anonyme),
Est-il normal qu'une entreprise privée (française ou étrangère) ait ainsi pouvoir de vie et de mort ? Si les élections servent de moins en moins à grand chose, c'est bien parce que beaucoup de choses se décident en dehors des politiques (qu'on rend pourtant responsable de tout), dans les conseils d'administration. Alors, le gouvernement est peut-être fou, mais je salue son courage. A force de courber l'échine sous les coups des multinationales, nous sommes en train de devenir tous des esclaves. Et si les principaux pays européens (voire l'Europe) se mettaient à faire comme la France, Google continuerait-il à faire son chantage arrogant ? Tant pis si on meurt en moins d'une semaine, ça vaut mieux que n'importe quel esclavage économique.
Avatar de anonyme
Gabals (anonyme) @ SACCADI (anonyme),
Lorsque ton activité dépend majoritairement de celle d'une autre, en l'occurrence les médias en ligne qui vivent grâce aux moteurs de recherches ici, il est logique qu'ils peuvent te "tuer" du jour au lendemain, puisque c'est eux qui te maintiennent en vie en quelque sorte. Mais bien sur, c'est pas des choses qui arrivent car on est dans un système gagnant-gagnant, les moteurs de recherche référence du contenu ce qui leur est indispensable et les médias reçoivent des milliards de visiteurs. Demandés à être payés pour recevoir des visites c'est vraiment aberrant quand même, surtout que d'habitude c'est plutôt l'inverse. Prochaine étape, faire payer la pub qu'on reçoit dans la boite au lettre pour financer les distributeurs qui sont en difficultés ?