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Géorgie : scandale carcéral et démission d'une ministre

le Mercredi 19 Septembre 2012 à 15:44
Par Rémi Ink

A moins de deux semaines des élections législatives, la ministre géorgienne de l'Administration pénitentiaire a présenté mercredi sa démission. Décision après la diffusion de vidéos de scènes de torture de détenus dans une prison de Tbilissi, la capitale du pays. Une manifestation a réuni 300 personnes mercredi à Tbilissi. Le président géorgien Mikheil Saakachvili promet que justice sera faite.

A douze jours des élections législatives, la Géorgie est secouée par un scandale carcéral. Les scènes de tortures et de viols se déroulent dans la prison n°8 de Tbilissi, située dans les faubourgs de la capitale de cette ex-république soviétique du Caucase du Sud. La ministre de l'Administration pénitentiaire, Khatouna Kalmakhelidze, a décidé de présenter sa démission.

Des vidéos qui prouvent l'usage de la torture dans les prisons géorgiennes

Une série de vidéos a été rendue publique mardi soir par la chaîne d'opposition géorgienne TV9. On y voit des scènes de tabassage, d'humiliations et même de viol. Des vidéos immédiatement reprise par l'ensemble des chaînes de télévision du pays. Environ 300 personnes ont manifesté mercredi à Tbilissi pour protester contre les tortures en prison.

Une des vidéos de tortures rendues publiques par les chaînes de télévion géorgiennes © vfor georgia

Le gouvernement tente de réagir

Ces révélations tombent mal pour le pouvoir en place. Elles pourraient peser sur le résultat des élections parlementaires qui doivent se tenir le 1er octobre prochain. Mais surtout, elles remettent en cause les promesses et les rêves démocratiques de la "Révolution des roses" de 2003.

La ministre de l'Administration pénitentiaire, Khatouna Kalmakhelidze, a présenté sa démission mercredi. "Ce qui s'est passé dans la prison numéro 8 est horrible. J'ai présenté ma démission au Premier ministre", a-t-elle déclaré à la télévision.

Le président géorgien Mikheïl Saakachvili déclare lui que la Géorgie ne "tolérerait pas un tel comportement, que ce soit en prison ou ailleurs". "Ce n'est pas pour permettre de commettre ces crimes (...) que nous avons surmonté les années d'impunité et d'arbitraire", a-t-il ajouté.

Le gouvernement a annoncé que 15 officiers de police soupçonnés d'avoir torturé des détenus dans cette prison avaient déjà arrêtés, en soulignant qu'il s'agissait d'un crime "prémédité".

Un président géorgien en difficulté

Les Géorgiens auront peut-être du mal à croire aux paroles de leur président. Rappelons qu'en 2004, devant les photos de Sulkhan Molashvili, brûlé à la cigarette et couvert d'hématomes, il avait suggéré que cet ex-président de la Cour des comptes accusé de corruption s'était infligé lui-même ces blessures.

A moins de deux semaines des élections législatives, le parti au pouvoir du président Saakachvili est actuellement confronté à la campagne électorale la plus difficile depuis son arrivée au pouvoir en 2003, et à une opposition forte, menée par le milliardaire Bidzina Ivanichvili.

Par Rémi Ink
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