Quand Twitter interrompt le débat sur le mariage pour tous

par Antoine Krempf samedi 2 février 2013 04:02, mis à jour le samedi 2 février 2013 à 05h00
Maxppp

A plusieurs reprises pendant le débat sur le projet de loi, des députés ont fait référence à des messages postés par d'autres collègues sur les réseaux sociaux. Pour la première fois, l'usage de Twitter a justifié une suspension d'audience à l'Assemblée nationale.

Pendant cette première nuit de débat sur le mariage pour tous, une trentaine de députés avaient un œil sur le débat dans l'hémicycle et un autre sur leur écran de portable ou de tablette numérique. Et c'est en lisant un tweet que Philippe Gosselin a réclamé la parole pour faire "un rappel au règlement", procédure qui permet à un élu de faire une remarque concernant "le déroulement de la séance" (pratique utilisée aussi pour suspendre la discussion...) L'objet de la colère du député de la Manche ? Ce message posté par l'élu socialiste Jérôme Guedj :

En réaction, l'élu de l'UMP demande au président de l'Assemblée "de rappeler à la majorité que quand on gazouille à l'extérieur, on le fait avec une certaine distance". Réponse de Claude Bartolone : la présidence de l'Assemblée n'est pas responsable des débats en dehors de l'hémicycle.

"Twitter est entré dans le droit parlementaire" 

Un peu plus tôt déjà, Christian Jacob avait demandé et obtenu une suspension de séance en raison "d'un message posté sur Tweeter. Message qualifiant M. Mariton de conservatrice coincée". En fait de tweet, il s'agissait d'une référence à une analogie entre le porte-parole de l'UMP à l'Assemblée et un personnage de série américaine faite sur le Lab d'Europe 1 par le député EELV Sergio Coronado.

Quoi qu'il en soit, la double intervention de Twitter lors de cette soirée a inspiré Jean-Jacques Urvoas sur... Twitter

Le député du Finistère et président de la commission des lois à l'Assemblée fait donc partie de ces élus qui utilisent le réseau social pendant les séances.

Pour Jean-Jacques Urvoas, "Twitter peut être très utile pendant les débats"  

Mais tous les députés ne partagent pas l'engouement de l'élu socialiste. C'est notamment le cas d'Hervé Mariton pour qui les réseaux sociaux sont aussi l'expression d'un narcissisme qui peut nuire au débat. 

"Il ne faut pas laisser Twitter nous conduire par le bout du nez", d'après le député UMP Hervé Mariton  

Environ 230 députés français possèdent un compte sur Twitter. Mais tous ne sont pas des assidus.