Parti socialiste : l'heure du choix pour Martine Aubry

par Rémi Ink lundi 10 septembre 2012 18:51, mis à jour le mardi 11 septembre 2012 à 18h25
Jean-Christophe Cambadélis et Harlem Désir en 2009
HALEY/SIPA Autre

Le dénouement est proche. Martine Aubry doit céder son poste de premier secrétaire du Parti Socialiste au prochain Congrès de Toulouse qui se tiendra fin octobre. Après un dernier entretien mardi soir avec le Premier ministre Jean-Marc Auyrault, elle doit annoncer mercredi matin qui a sa préférence pour lui succéder. Deux prétendants au trône : Harlem Désir et Jean-Christophe Cambadélis.

Cette fois c'est sûr, on
va savoir. Après des mois de tractations, le nom du candidat choisi par Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault pour succéder à la patronne du PS, l'équipe et la motion qu'ils défendent seront connus mercredi. Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault qui précisent qu'ils doivent avoir un dernier contact mardi soir.
Un nom qui fournira
donc une indication très nette aux militants sur les préférences de Martine
Aubry sur sa succession. Ce mode de désignation du futur premier secrétaire du
PS a d'ailleurs suscité des remous au sein même du PS. Dommage pour Martine
Aubry qui avait fait de la rénovation l'un de ses credos favoris.

Première manche :
avantage Désir

Harlem Désir a déjà engrangé des soutiens de taille. Dernier en date : Pierre Moscovici, ministre de
l'Economie et des Finances. Avant lui, plusieurs personnalités et ministres se
sont prononcées en faveur de l'ex-président de SOS Racisme : l'ancien Premier
ministre socialiste Michel Rocard, Vincent Peillon, ministre de l'Éducation,
Manuel Valls, ministre de l'Intérieur et Delphine Batho, ministre de l'Écologie.
De plus, Harlem Désir connaît bien les arcanes de Solférino : c'est l'actuel
n°2 du parti depuis le 30
juin 2011.  

Les rangs sont un peu
plus dispersés chez les supporters de Jean-Christophe Cambadélis : seuls
Alain Vidalies, ministre chargé des Relations avec le Parlement, et Claude
Bartolone, président de l'Assemblée nationale, se sont prononcés pour le député
de Paris.

Invité ce matin de France Info, Harlem Désir se montre confiant et martèle : "Je veux rassembler les militants socialistes, je suis un candidat de synthèse et je l'assume".

Seconde manche :
avantage Cambadélis

Martine Aubry l'a d'ores
et déjà assuré : le choix de son successeur
à la tête du Parti socialiste relèvera d'un "consensus général" et
non pas d'une "décision personnelle". Réponse indirecte aux critiques qui
commencent à monter. Jean-Christophe Cambadélis serait-il mieux placé dans le cœur
de la maire de Lille ? Il est en tout cas l'un de ses proches. Au congrès
de Reims en novembre 2008, il a signé la motion "Changer la gauche pour
changer la France" de Martine Aubry et l'a aidé à prendre en main le parti
avec le mouvement des Reconstructeurs. Depuis ce Congrès de Reims, Jean-Christophe Cambadélis occupe d'ailleurs
le poste de secrétaire national aux questions internationales.

Enfin, ami de
Dominique Strauss-Kahn, il a sûrement eu vent du "pacte de Marrakech" passé entre la première secrétaire et DSK et qui devait désigner un seul des deux candidat
à la présidentielle 2012. Jean-Christophe Cambadélis ne s'y trompe pas et met
en avant son "expérience d'architecte de la gauche plurielle" tout
en modérant : "au Parti socialiste, il vaut mieux ne pas faire de pronostic,
les choses sont toujours compliquées"
. Des arguments répétés ce matin chez nos confrères d'i>TELE.

Chaque coup est
bon à prendre

Et à chacun de réagir
sur l'actualité, pour ne pas se faire dépasser. Bernard Arnault demande la nationalité
belge et un début de polémique s'installe
. Harlem Désir envoie illico un
tweet, rageur.

 

Son rival n'est pas en
reste et crie à "l'évasion morale". Il réclame illico une commission
d'enquête parlementaire sur l'évasion fiscale. Raté pour cette fois, cette
commission existe déjà et a rendu son rapport...il y a plus d'un mois, le 24
juillet
. Un débat sur ses conclusions aura même lieu en séance au Sénat le 3
octobre prochain. 

Dernière étape : le
vote des militants

Le vote des militants
les 11 et 18 octobre ne devrait qu'être une formalité : cinq mois après
l'élection de François Hollande, les 175.000 adhérents du PS devraient se
prononcer pour la motion Aubry-Ayrault et donc pour son premier signataire.

La sénatrice Marie-Noëlle Lienemann a confirmé que l'aile gauche du
parti allait déposer une motion, qui regroupera plusieurs "contributions"
déposées en juillet.