Marseille : "Renfort de 205 policiers et gendarmes" (Jean-Marc Ayrault)

par jeudi 6 septembre 2012 20:01
"Marseille, un intérêt national" pour Jean-Marc Ayrault
Philippe Wojazer Reuters

Après un comité interministériel consacré à Marseille ce jeudi, le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a annoncé le renfort de 205 policiers et gendarmes, la création d'une zone de sécurité prioritaire supplémentaire et d'une préfecture de police pour les Bouches du Rhône.

Jean-Marc Ayrault renforce la sécurité à Marseille  
 

Après la série de sanglants règlements
de compte qui a touché la ville de Marseille, le gouvernement
avait décidé d'agir. Ce jeudi, Jean-Marc Ayrault a présidé un comité
interministériel sur cette problématique et à l'issue de la réunion, le Premier ministre a annoncé le
renfort de 205 policiers et gendarmes, dont plus de la moitié dédiée à la
sécurité publique. Autre mesure, la création d'une deuxième zone de sécurité
prioritaire (ZSP) dans le sud de la ville, la première étant déjà décidée dans
les quartiers nord. "Cette deuxième zone de sécurité prioritaire sera
engagée dès le début de l'année prochaine"
a assuré le Premier ministre.

Le plan gouvernemental
prévoit également la création d'une préfecture de police pour tout le
département des Bouches du Rhône. Pour l'instant, ce type de préfecture n'existe qu'à Paris.

Concernant la justice, Jean-Marc
Ayrault a assuré qu'il y aurait "un renforcement des effectifs du parquet et
du siège mais aussi des éducateurs en milieu ouvert. Avec ces moyens
supplémentaires, c'est une action déterminée dans le recueil du renseignement
et l'orientation des enquêtes vers ces nouvelles formes de criminalité"
.  Il a notamment décidé la création d'un centre éducatif fermé à Marseille.

"Le destin de Marseille est une question intérêt
national"

Jean-Marc Ayrault se rendra à Marseille lundi et mardi prochains. A l'issue de
la réunion interministérielle à Matignon, il a estimé : "le destin de l'agglomération marseillaise c'est une
question d'intérêt national, sortir Marseille de ses difficultés c'est un
impératif, 
engager l'ensemble de l'agglomération sur un projet
commun est une obligation"
, ajoutant, "la France a besoin que Marseille
devienne une grande métropole européenne"
.

Parmi les premières réactions, celle de Samia
Ghali, recueillie par France Info. La sénatrice socialiste de Marseille avait
lancé un coup de gueule il y a quelques jours, demandant à l'armée d'intervenir pour calmer les coins difficiles de la ville.
Elle confie : "Je ne regrette pas d'avoir poussé ce cri car il
a été entendu au plus haut sommet de l'Etat. Les Marseillaises et Marseillais
avaient besoin de cette sécurité. J'espère que ces moyens suffiront"
.

Dans l'opposition, Valérie Boyer, députée
UMP des Bouches du Rhône, a salué "une prise de conscience sur la
situation de la ville"
, mais espère "que ce ne sera pas que strass et
paillettes"
.

La réponse n'est pas seulement sécuritaire

Quinze ministres étaient convoqués à
Matignon ce jeudi
. Un gros casting qui montre la philosophie
de la démarche du gouvernement : la réponse ne peut pas uniquement se
trouver dans le renforcement de la sécurité. Les violences de ces derniers mois sont
liées pour la plupart au trafic de drogue, mais pour le Premier ministre, il faut combattre
cette économie souterraine sur tous les fronts : politique, judiciaire, économique
mais aussi politique sociale et urbaine. Le plan
gouvernemental pour Marseille présenté ce jeudi englobe une partie de ces
problématiques. Sur le plan institutionnel, Jean-Marc Ayrault a annoncé la constitution
d'une seule grande agglomération qui réunirait Marseille et les communes des alentours. Cette nouvelle entité, qui rassemblera 1,8 millions d'habitants, permettra
de gérer plus facilement les transports urbains, le développement économique et
la rénovation urbaine. 

Enfin, le plan comprend un volet éducatif.
Dans les zones de sécurité prioritaires, le gouvernement veut pré-scolariser
les enfants de moins de 3 ans. L'internat va également être promu.

Plus de 7 millions d'euros supplémentaires
vont être mis à disposition de Marseille par l'Etat en 2013 pour mettre ces
mesures en place.

Samia Ghali, sénatrice marseillaise, avait demandé l'intervention de l'armée