Greenpeace rebaptise quatre centrales nucléaires "Fessenheim" et demande leur fermeture

par Romain Fonsegrives samedi 30 mars 2013 16:18
Fin février, Greenpeace avait déjà recouvert les panneaux de plusieurs communes du Haut-Rhin, lors d'actions similaires.
Maxppp

L'association Greenpeace a effectué plusieurs actions coups de poing en France près de quatre centrales nucléaires samedi. Les militants ont déroulé des banderoles pour rebaptiser ces infrastructures du nom de Fessenheim. La centrale du Haut-Rhin doit cesser son activité d'ici à la fin 2016. Une fermeture que les écologistes veulent voir s'étendre aux centrales du Bugey, du Tricastin, de Blaye et de Gravelines.

"Pourquoi seulement Fessenheim ?" Les militants de Greenpeace ont posé la question sur le terrain samedi. Equipés de banderoles et de stickers, ils ont lancé plusieurs actions surprises samedi aux abords des centrales nucléaires au Blayais (Gironde), du Bugey (Ain), de Gravelines (Nord) et du Tricastin (Drôme), pour réclamer leur fermeture.

Ces manifestations font suite à la publication cette semaine d'un rapport de Greenpeace, qui désigne les quatres sites comme des centrales "à fermer en priorité", en supplément de la centrale de Fessenheim.

L'association avait déjà organisé une action nocturne jeudi matin dans le Haut-Rhin, en projetant une vidéo sur les murs du site de Fessenheim.

Risque humain et problèmes techniques

Devant la centrale de Gravelines, près de Dunkerque, une quinzaine d'activistes ont réclamé la fermeture du site. Le groupe a également collé des bandeaux "Fessenheim" sur les panneaux d'entrée de la ville, selon la préfecture du Nord. Des actions similaires ont eu lieu sur les autres sites visés.

A Gravelines, la porte-parole de Greenpeace Lille Sophie Petit a dénoncé le "risque humain" posé par la centrale. "Dans un périmètre de 100 km, il y a plus de cinq
millions d'habitants. Et dans un périmètre de 10 km qui serait à évacuer d'urgence,
il y a plus 135.000 personnes"
, s'est inquiété la militante. 

"La centrale de Gravelines est dangereuse", Sophie Petit de Greenpeace Lille  

Greenpeace s'alarme également de plusieurs problèmes techniques sur chacune des centrales visées, mentionnés dans l'analyse des 19 sites nucléaires français par l'association.

Débat sur la transition énergétique

L'intention des militants était claire samedi : interpeller François Hollande sur sa promesse de ramener la part du nucléaire à 50% dans la production d'électricité en France - contre 75% à l'heure actuelle.

"Pour y parvenir fermer Fessenheim, ça ne suffit pas. Il faut fermer les autres centrales, qui sont toutes aussi dangereuses qu'elle", a martelé Sophie Petit à propos des sites du Bugey, du Tricastin, de Blaye et de Gravelines.

Lors de la campagne présidentille, le candidat avait donné ses gages de bonne foi en annonçant la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim (Haut-Rin) d'ici à 2016. 

"La fermer c'est bien beau, mais derrière il faut vraiment envisager la
transition énergétique pour remplacer l'énergie nucléaire par des énergies
renouvelables"
, a répété Sophie Petit.

Transition énergétique : "Fermer Fessenheim, ça ne suffit pas", Sophie Petit de Greenpeace Lille