Figure du négationnisme, Roger Garaudy est mort

par Guillaume Gaven vendredi 15 juin 2012 10:49
Charles Platiau Reuters

Etonnant parcours que celui de cet homme, Croix de guerre, intellectuel, philosophe, communiste... converti au catholicisme puis à l'islam... député, sénateur... qui bascule dans un antisionisme de plus en plus radical, au point de devenir négationniste.

Il avait 98 ans, était né le 17 juillet 1913, mais avait disparu des écrans radars depuis15 ans. Depuis son virage négationniste, en fait. La publication de son livre Les mythes fondateurs de la politique israélienne, en 1996, lui avait valu une condamnation en justice pour "contestation de crimes contre l'humanité", et l'interdiction du livre. "Le judaïsme n'est pas mis en cause, mais la politique israélienne", écrivait-il. "Je révise simplement les conclusions du procès de Nuremberg et les principes qui l'ont fondé." Tout au long du livre, il niait le projet d'extermination des juifs par Hitler, l'existence des chambres à gaz, et le génocide.

Curieux itinéraire, donc. A 20 ans, Roger Garaudy adhère au Parti communiste. Agrégé de philosophie, il enseigne à Albi. Il est arrêté dès septembre 1940, et ne sera libéré qu'en décembre 1944. Croix de guerre, médaillé de la déportation et de l'internement pour faits de résistance, il devient député communiste à la Libération, jusqu'en 1951. Puis de 1956 à 1959 - il est même, un moment, vice-président de l'Assemblée nationale. En 1959 il devient sénateur. Mais abandonne son mandat en 1962, pour retourner à l'enseignement. Tout en restant très actif au PCF.

Mai 68, puis l'invasion de la Tchécoslovaquie par les troupes soviétiques, ont raison de son engagement communiste. Il est exclu du parti en 1970. Et se consacre alors à la recherche philosophique, et religieuse.

A 14 ans, il s'était converti au protestantisme. Avant de redevenir catholique dans les années 70. Puis de se convertir en 1982, à l'islam. Il devient alors, progressivement, de plus en plus antisioniste. Ce qui le mènera au négationnisme. Lente descente aux enfers...