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Samedi soir aux Transmusicales 2011

le Dimanche 4 Décembre 2011 à 05:42
Par Marion Bernard

Agoria © Radio France - Marion Bernard

Sur scène: un mime, des enfants, un rappeur de Joannesbourgh, un DJ lyonnais

On trouve de tout aux Trans, même des mimes, comme chez Epic Rain. Cet islandais d’origine libanaise, sans doute par gout du mélange, déclame ses textes comme un poète existentialiste sur des beats sombres qui façonnent les ambiances : fête foraine triste, pluie, bôite à musique... Le garçon est accompagné sur scène d’un DJ, et d’une autre présence intrigante avec qui il partage le micro: un mime à chapeau melon qui aurait piqué son sourire au Joker de Batman, et qui déambule sur scène, cartes à jouer ou paillettes à portée de main, pour en arroser le public. Avec ses airs de conteurs de cabaret, Epic Rain mène son petit théâtre inquiétant à la manière d’un Monsieur Loyal de freak show, à la gestuelle gracieuse, mais au flow définitif .

Epic Rain © Radio France M.B

Chez les Carbon Airways, c’est, en revanche, beaucoup moins bien peigné. Le défouloir électro est le credo du groupe « mascotte » de ces Trans2011, composé de deux ados frère et soeur de 14 et 15 ans, Enguérand et Eleonore. Chez eux à Besançon, ils ont commencé à se produire dans des bars, ou sur quelques scènes. Si bien que la préfecture du Jura (où se trouve l’association de DJ qui coache les deux ados) garde un œil sur leur notoriété grandissante. Sur scène, le rendu est étrange,  mélange de Jordy et de Prodigy joué à plein volume. En dehors de la chorégraphie capillaire (headbanging permanent de cinquante minutes + footing sur tout le plateau), du yaourth coté paroles et des pauses étudiées (on enlève le tee-shirt comme les rockstars sous les sunlights, et on clique sur l’ordi avec de grands effets de manches), une évidence: ce son qui « tabasse » est tout bonnement surnaturel chez des musiciens aussi jeunes. D’ailleurs ma voisine de gauche résume l’affaire : «Ils font flipper, c’est presque lynchien».

Carbon Airways © Radio France M.B

A comme Agoria

Considéré à juste titre comme l’héritier en droite ligne de Laurent Garnier (mais encore peu connu du grand public), le lyonnais Sébastien Devaud est devenu cette année la « locomotive » d’un festival qui met un point d’honneur à ne pas amasser des têtes d’affiches. Son set élégant et maitrisé tombe à pic pour défouler le festivalier breton qui s’échauffe, à en voir la foule vrombissante qui joue des coudes dans ce hangar du Parc Expo, quitte à renverser un peu sa bière sur le voisin (« ça tâche pas », meugle généralement l’impudent dans les oreilles de la victime). Pendant ce temps là, Agoria sort le grand jeu, revisite toute la musique électronique depuis trente ans, remix de S-EXPRESS inclus, et personne ne résiste (sauf le jeune homme endormi sur le gradin tout proche, et qui se bave sur le tee-shirt, tanpis pour lui).

 Johannesburg dans ta face

 Spoek Mathambo restera comme l’une des plus agréables apparitions du cru 2011 des Transmusicales. Le sud-africain est le résultat d’une équation complexe: (look de fluokid + flow de rappeur énervé + héritage zulu de Soweto) + savoir-faire indierock. Découragé par l’impasse musicale de son pays, Spoek ( qui a démarré sous le nom de Post-Apartheid Post Hip-Hop Posterboy) s’est exilé en Suède, à Malmö, et y peaufine ses titres d’afro-tech du futur. Sa reprise de « She’s lost control » de Joy Division est un bon résumé de la « Spoek’s Touch ». Glacial, futuriste, excitant.

Spoek © Radio France Marion Bernard

Par Marion Bernard
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