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Syrie : plus de 30.000 morts et l'ONU dans l'impasse

le Jeudi 27 Septembre 2012 à 12:53
Par Elise Delève

Sculpture en dehors du bâtiment de l'ONU à New York © Reuters - Eduardo Munoz

Les dirigeants mondiaux participent en ce moment à l'Assemblée générale de l'ONU. Et tandis qu'ils évoquent à New York, sans aboutir, une éventuelle intervention en Syrie, les violences ont fait dans ce pays, 305 morts mercredi. Le plus lourd bilan en une journée depuis le début du conflit.

Le jour où le dossier syrien est évoqué par les chefs d'Etats et la diplomatie du monde à l'ONU (mercredi 26 septembre), 305 personnes ont été tuées en Syrie, selon l'observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). L'ONG, basée à Londres, estime qu'il s'agit "du bilan le plus lourd enregistré en une journée depuis mars 2011". Son chef, Rami Abdel Rahmane, interpelle les dirigeants : "Qu'est-ce qu'il faut de plus au monde pour aider le peuple syrien?".
En 18 mois, le soulèvement contre le président Bachar al-Assad a fait plus de 30.000 morts.

Dossier paralysé

La Syrie était, mercredi, au cœur des débats de l'ONU, mais le dossier est dans l'impasse. Le principal problème est que les pays du Conseil de sécurité n'arrivent pas à s'accorder, et ils en sont conscients : "Pendant que les atrocités augmentent, le Conseil de sécurité reste paralysé et je demande instamment que nous tentions une nouvelle fois de trouver un moyen de progresser" vers un accord a déclaré Hillary Clinton, la secrétaire d'Etat américaine.

Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères et son homologue britannique William Hague, ont jugé "choquant" que les cinq pays du Conseil de sécurité aient été "incapables jusqu'ici d'agir"

Pourquoi rien ne bouge ?

Au sein du Conseil de sécurité de l'ONU, si aucune décision n'est prise, c'est à cause de l'opposition entre deux camps :

  • Etats-Unis, Royaume-Uni, France : une solution politique
    Washington refuse toute action militaire directe mais veut "trouver un accord". François Hollande a, quant à lui, demandé à la tribune de l'ONU mardi une action "urgente" de la communauté internationale. Il a promis de "reconnaître le gouvernement provisoire lorsqu'il sera formé".
     
  • Russie et Chine : pas d'intervention du tout
    Les deux pays ont déjà bloqué trois projets de résolutions menaçant Damas de sanctions. Le ministre russe des Affaires étrangères, Serguei Lavrov, a réaffirmé à New York la position de Moscou de "non ingérence dans les affaires intérieures" des Etats. Il a rejeté la responsabilité de l'impasse sur "les payes qui incitent les opposants à Bachar al-Assad à refuser de cesser le feu et de dialoguer" avec le régime.

Les pays arabes aussi divisés 

Des ministres de pays arabes se sont également concertés mercredi sur les moyens d'agir en Syrie. Ils ne sont pas tous d'accord.

Le Qatar et l'Arabie Saoudite sont les chefs de file des pays arabes qui appuient la rébellion syrienne. Le Qatar réclame une intervention militaire panarabe pour faire "cesser le bain de sang".

La Tunisie privilégie une "solution pacifique", comme le dit son président Moncef Marzouki, ajoutant qu'il souhaite une "intervention de maintien de la paix arabe".

L'Egypte et le secrétaire général de la Ligue arabe s'opposent à une intervention militaire mais répète que Bachar al-Assad doit partir.

 

Par Elise Delève
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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Jackson (anonyme),
Chacun y va de ses intérêts personnels face à ce conflit : les US embourbés en Afghanistan et en Irak n'ont que faire d'un endroit où il n'y a pas de pétrole à guetter... les Russes y perdraient un accès à la Méditerranée... et pendant ce temps-là les petits syriens meurent... mais dans quel monde vivons nous?...
Avatar de anonyme
Dans votre analyse, je serais plutôt du coté de la Chine et de la Russie. Les Etats Unis ont raison de ne pas vouloir intervenir non plus. Leur politique d'intervention qui conduit à la terre brûlée restitue une terre bien plus fertile qu'avant, Les Etats Unis doivent commencer à s'en rendre compte : Allemagne, Japon, Vietnam. L'humanité est donc loin d'être stérile. Mais pour autant l'ONU n'est pas dieu. Et chaque pays pourrait davantage harceler Bachar al Assad pacifiquement sur son territoire et lui faire les gros yeux pour qu'il lâche ses jouets dangereux. Ainsi l'ONU deviendrait essentiel par son absence.
Avatar de anonyme
La Russie est contre l'ingérence ? Ils n'y étaient pas opposés quand ils ont attaqué la Géorgie en 2008.