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Syrie : la menace des armes chimiques est-elle réelle ?

le Mardi 28 Août 2012 à 14:36 mis à jour à 16:50
Par Clara Beaudoux

François Hollande a déclaré lundi soir que l'usage d'armes chimiques par le régime syrien serait une "cause légitime d'intervention directe" de la communauté internationale. Mais de quoi dispose vraiment le régime de Bachar al-Assad ?

Dimanche soir, Bachar al-Assad promettait à nouveau de vaincre la rébellion "à n'importe quel prix". Depuis un mois environ, Damas reconnaît l'existence d'armes chimiques dans son arsenal, et brandit la menace de les utiliser si la Syrie était attaquée de l'extérieur. 

De quelles armes dispose la Syrie ?

"Le régime dispose d'un armement chimique important basé sur trois éléments centraux : une artillerie chimique considérable, des bombes chimiques portées par avion et des armes balistiques armées de têtes chimiques", explique Jean-François Daguzan, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique et directeur de la revue Sécurité globale. Il s'agit notamment de gaz sarin et autres gaz innervants, ou de gaz moutarde.

Selon les experts, ces stocks datent des années 1970. "Cet arsenal a été construit sur une trentaine d'années, notamment après la guerre du Golan, essentiellement pour compenser la faiblesse stratégique syrienne par rapport à l'armement nucléaire israélien ; et sans doute aussi pour dissuader la Turquie quand les relations entre les deux pays étaient détestables dans les années 90", ajoute-t-il.

La Syrie a-t-elle déjà utilisé ces armes ?

"Vraisemblablement non", répond le spécialiste. "Et il est peu probable que Bachar al-Assad les utilise contre son propre peuple", considère Jean-François Daguzan. "Utiliser  les armes chimiques comme l'a fait Saddam Hussein contre les Kurdes à la fin des années 80, serait un tel seuil de violence, que les forces anti-régime pourraient prendre appui là-dessus pour intervenir depuis l'extérieur". C'est d'ailleurs exactement ce que déclarait François Hollande lundi :"Je le dis avec la solennité qui convient : nous restons très vigilants avec nos alliés pour prévenir l'emploi d'armes chimiques par le régime (syrien), qui serait pour la communauté internationale une cause légitime d'intervention directe".

Les occidentaux sont-ils au courant de tout ?

"Je pense que la connaissance occidentale est importante, mais la connaissance israëlienne doit l'être davantage", indique Jean-François Daguzan. "Il est évident qu'il y a un suivi de l'activité syrienne de prolifération, mais il faut aussi noter quelque chose de très important : une artillerie chimique vous pouvez la disperser un peu partout, vous pouvez l'étaler sur l'ensemble du pays..." juge le spécialiste. Selon les experts, ces stocks seraient dispersés sur une cinquantaine de sites à travers la Syrie.

Les Américains, eux aussi, prennent cette menace très au sérieux. Il y a quelques jours, on apprenait que le Pentagone imaginait des scénarios tous plus dangeureux les uns que les autres, pour éviter que ces armes chimiques ne tombent entre les mains d'extrémistes islamistes ou d'ultras du régime. "C'est une hypothèse complètement nouvelle car on n'a encore jamais vu historiquement un pays doté d'armes de destruction massive (ADM) pris dans une guerre civile", note Charles Blair, de la Fédération des scientifiques américains (FAS).

Jean-François Daguzan, directeur adjoint de la Fondation pour la recherche stratégique, interrogé par Mireille Lemaresquier  

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Qui tient la Syrie ? Les zones tenues par les rebelles et les autres. © IDÉ

Par Clara Beaudoux
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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
grisdemacha (anonyme),
prépare-t-on l'opinion mondiale à une nouvelle guerre en Syrie - de type IRAK,sur une supposée menace chimique ( dont l'inexistence a été reconnue par les Américains ) - avec le résultat qu'on connait aujourd'hui, ...
Avatar de anonyme
Monsieur Daguzan, Vous pouvez vous rappeler que les grands sommets des Alpes ont été gravis par des soldats qui se faisait la course sans trop de pitié. Aujourd'hui ceux qui grimpe en tête et risque de pourrir la vie des autres qui suivent en dessous sont les intellectuels, dont François Hollande. Toutes les armes manipulées par l'armée syrienne le sont par des forcenés, autant dire quasiment des intégristes. Ce n'est donc pas en parlant des armes que la France doit se battre pour "sauver" les rebelles, mais en se déplaçant sur place avec des personnalités taillée pour négocier du cœur et du corps. Le harcèlement est une manipulation légitime. Bachar n'est pas suffisamment harcelé par une logique rédemptrice. C'est pourtant en privilégiant son intégrité hors de Syrie que "nous" donnerons une bouffée d'air aux rebelles. Merci
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