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1917, une expo fleuve captivante au Centre Pompidou Metz

le Jeudi 31 Mai 2012 à 05:40
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Sortir au Centre Pompidou Metz pour découvrir l'exposition phare de l'été, consacrée à l'année 1917. 350 artistes, 800 œuvres majeures, une manifestation "fleuve" qui marque l'inauguration des célébrations du centenaire de la première guerre mondiale et questionne la création artistique en temps de guerre. Une exposition pédagogique, qui allie émotion, divertissement et savoir historique.

Verdun par Félix Edouard Valloton © Radio France - Felix Edouard Vallonton

 1917, année de l'entrée en guerre des Etats-Unis, de la terrible bataille du Chemin des Dames, des révolutions russes, des grèves et des mutineries dans les armées et les sociétés, mais est-ce un hasard, année d'une bouillonnante créativité. Exercice muséographique de haute voltige, cette exposition est l'une des premières tentatives de dresser un panorama mondial de la création sur une année repère, l'une des pires de l'histoire de l'humanité. Laurent Le Bon, directeur du musée et Claire Garnier, co-commissaires et auteurs du catalogue, ont réussi un coup de maître, entre art et histoire, avec cette exposition océan qui grâce à 130 prêteurs, montre 350 artistes, 3000 œuvres, dont 800 majeures dans un vaste mélange des genres.

Et c'est le grand rideau de scène Parade peint par Picasso en 1917 pour le ballet éponyme présenté à Paris cette année là, qui sert à la fois de point de départ et de point d'orgue pour l'exposition. Le Centre Pompidou-Metz voulait profiter de l'occasion pour déployer le plus grand Picasso du monde, pas montré en France depuis 20 ans. Une peinture de 10m50 de haut sur 16m40 de large, de ce ballet Parade qui fit scandale à l'époque. Cocteau, Diaghilev, Satie et Picasso réunissaient leurs talents, et le maitre espagnol en quelques semaines réalisait en pleine crise mondiale et en pleine guerre cette toile gigantesque et énigmatique avec ruines néo-classiques, personnages de la commedia dell arte aux formes cubistes, et cheval ailé avec la danseuse russe Olga que Picasso épousera en 1918.

Deux parcours différents, mais en dialogue sur cette année 1917, sont proposés aux visiteurs. Une ligne brisée dans la galerie 1 montre en une dizaine de salles la diversité et la richesse du regard des artistes et des amateurs face aux événements de la guerre : la mort de masse, le feu de la guerre, la propagande, les premiers ready-made, la censure, mais plus on avance dans les espaces, plus on s'éloigne du front pour finir dans l'onirisme avec une salle Matisse. Au rez-de-chaussée dans la grande nef, là où se trouve le chef-d'œuvre de Picasso, le visiteur entre dans une spirale en deux mouvements sur les blessures et meurtrissures profondes causées par la guerre, sur la réalité des corps meurtris, des gueules cassées, du camouflage au carrefour de l'art et de la guerre, de la chirurgie réparatrice, de l'esthétique de la ruine et des paysages dévastés avec en parallèle deux salles sur les Nymphéas de Monet et sur les abstractions russes, réponses claires à la folie du conflit. Le temps fort de cette méga exposition, c'est un mur entier de douilles d'obus gravées, une installation de l'artiste contemporain Jean-Jacques Lebel d'objets de mort transformés en objets d'art, ce que l'on a appelé l'art ou l'artisanat des tranchées.

L'exposition 1917 au Centre Pompidou-Metz est l'un des événements incontournables de l'été, à voir absolument jusqu'au 24 septembre. 

Ecouter le direct du jour "La culture et vous" consacré à l'exposition messine

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Ecouter l'entretien intégral avec  Laurent Le Bon, directeur du Centre Pompidou-Metz, commissaire de l'exposition

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Ecouter l'entretien avec Claire Garnier, co-commissaire de l'exposition 1917 et auteur du catalogue avec Laurent Le Bon.
 

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