Les organisations écologistes, comme Greenpeace, parlent déjà "d'échec épique" © Reuters - Nacho Doce
Une centaine de chefs d'État se retrouvent à Rio de Janeiro pour le sommet Rio+20. Vingt ans après une première réunion, les objectifs affichés sont ambitieux : éradiquer la pauvreté et préserver la planète. Ambitieux mais irréalisables vu les dissensions.
Il y a les symboles tout d'abord. Une centaine de chefs d'État se retrouvent à partir d'aujourd'hui pour parler de la planète et de son avenir. Depuis plusieurs jours, des colloques se tiennent pour évoquer les sujets de l'économie verte, du reboisement, de la lutte contre la pauvreté.
Symbole aussi, les chefs d'entreprises,
réunis, qui appellent à lancer la révolution verte. Coca-Cola, Nestlé, Shell,
Bayer qui veulent s'engager pour l'eau, qui promettent de rendre des comptes
chaque année.
Symbole encore, les centaines de propositions venues de toutes
parts pour préserver la planète et lutter contre le réchauffement climatique.
En vingt ans, rien n'a vraiment changé
Sauf que ce ne sont que des symboles. Il y a vingt ans, en 1992, le sommet de la Terre avait commencé à prendre en compte la question du changement climatique. La préservation des espèces, la lutte contre la déforestation étaient devenues des sujets de préoccupation majeure de la communauté internationale. Mais en vingt ans, rien n'a vraiment changé. L'ONU l'a d'ailleurs souligné dans un récent rapport distribuant bons et (surtout) mauvais points.
Et cette année, au-delà des déclarations d'intention, personne ne semble d'accord. Les préoccupations ont changé et la préservation de l'environnement est passée au second plan, derrière les questions d'économies et de dettes souveraines.
L'économie reste d'ailleurs le vrai sujet de fracture entre les pays émergents et les pays dits développés. Pas question pour le Brésil, la Chine ou l'Inde d'endosser les mêmes responsabilités que les pays européens et de subir les mêmes contraintes. La Chine a d'ailleurs appelé les pays développés "à montrer l'exemple".
"Un échec épique" (Greenpeace)
Ces tensions et ces divergences ont donc obligé les négociateurs à s'employer pour rédiger un compromis finalement adopté hier. Il devra être ratifié par les 193 chefs d'États et de gouvernements... dont bon nombre ne sont pas là, à commencer par Barack Obama, Angela Merkel, David Cameron. François Hollande participera en revanche à l'ouverture du somment avant de rentrer en France.
Avant même le début officiel de ce sommet, les organisations écologistes parlent déjà "d'échec épique" (Greenpeace), de "victoires des mots faibles sur les mots d'action" (WWF). Seule note d'optimisme avancée par les Amis de la terre : "le texte a cessé de nous faire rétrograder par rapport à l'accord obtenu en 1992".

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