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REPORTAGE Ils ont fui Alep sous une pluie de bombes syriennes

le Mardi 31 Juillet 2012 à 09:18
Par Omar Ouahmane, Gilles Halais

Ils ont fui Alep sous une pluie de bombes syriennes - Reportage de l'envoyé spécial de France Info, Omar Ouahmane  

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Plus de dix jours après l'ouverture du front d'Alep, des centaines de milliers d'habitants ont fui la capitale économique de Syrie, 200.000 rien que ces deux derniers jours, selon l'ONU. L'envoyé spécial de France Info en Syrie, Omar Ouahmane, a rencontré une famille à la frontière turque. Son récit est édifiant.

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Des soldats de l'armée syrienne libre exhibent une roquette syrienne dans la province d'Alep © Reuters Zohra Bensemra

Hassan a les yeux de celui qui n'a pas beaucoup dormi, tout comme ses trois enfants âgés de 3 à 7 ans, qui écoutent leur père faire le récit de cette fuite d'Alep, sous une pluie de bombes du régime de Damas.

"Nous avons manqué de tout : de gaz, d'essence, de pain. Tout le monde était touché, les pro-régime comme les anti-régime". Hassan raconte leur fuite, à pied d'abord, à travers "des petites ruelles pour échapper aux balles et aux roquettes", dans les rues jonchées "de nombreux cadavres, c'était des chiens du régime". Puis en voiture à la sortie de la ville : "J'ai dû donner 120 dollars à un chauffeur de taxi", explique Hassan.

"Nous étions sous les bombes, attaqués par des avions de chasse en plein ramadan"

Ils finiront leur voyage à pied, valises à la main, à travers les champs d'oliviers le long de la frontière turque, avant d'emprunter l'un des passages utilisés par les contrebandiers.
La mère de famille, Amira, enceinte de cinq mois, se tient la tête entre les mains. Puis elle prend la parole : "Nous étions sous les bombes, attaqués par des avions de chasse, en plein ramadan [...] C'est un miracle que nous soyons ici aujourd'hui [...] Les enfants ont beaucoup pleuré, ils étaient terrifiés par les bruits des bombardements".

Partie précipitamment d'Alep, cette famille dépend maintenant de la solidarité de la communauté syrienne de Kilis, ville frontalière dans le sud turc, qui grossit de jour en jour. Elle est logée provisoirement dans un appartement dépourvu de meubles. Deux tapis posés sur le sol servent de literie. Le drapeau de l'indépendance, symbole de la révolution, a été accroché sur le mur de la pièce qui sert de salon.

Une centaine de morts lundi

Pendant ce temps, l'armée syrienne tente toujours de déloger les rebelles d'Alep. Les révolutionnaires ont attaqué la nuit dernière un poste de police et une branche du parti Baas au pouvoir dans le sud de la ville. Tandis que l'armée bombardait trois autres quartiers.
Selon les décomptes de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme, les violences ont fait, pour la seule journée de lundi, près d'une centaine de morts dont une quarantaine de civils.

Les rebelles promettent de libérer Alep - Reportage dans la banlieue nord d'Alep de Jérôme Bastion, envoyé spécial de RFI  

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Par Omar Ouahmane, Gilles Halais
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