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Quand la Chine était rouge

le Samedi 18 Août 2012 à 05:12
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Tout l'été 2012, avec la complicité de la Revue 6 Mois, Pascal Delannoy vous fait voyager dans le monde entier. Direction la Chine et sa révolution culturelle. "Rouge de Chine" le titre du reportage résume parfaitement ce qui suit : 16 photos qui racontent comment la Chine est devenue cette année là une prison.

6 Mois © Radio France

On peut tout dire avec des images, et on peut parfaitement mentir. En voilà la preuve : c'est un travail de propagande qui nous est proposé. Il est signé Weng Naiqiang. Lui est de bonne foi, si l'on peut dire, il est fasciné par ce mouvement qui semble irréversible, mais l'amour, c'est bien connu, rend aveugle.

Il ne saisit pas, il ne comprend pas que c'est une tragédie qui a commencé.

"Rouge de Chine". Cette couleur est omniprésente. C'est même celle des tracteurs dans les champs. Là nous sommes dans une ferme qui porte le nom romantique des "sept étoiles".

Les jeunes instruits comme on les appelle ont quitté la ville pour apporter leur aide aux paysans.

Tout est fait pour rendre la révolution incontournable. Les trains deviennent gratuits, voilà comment les gardes rouges peuvent voyager partout. Cela a même un nom : c'est " le grand mélange ".

Dans un wagon justement tout le monde est debout faute de place. Un meneur fait scander des passages du petit Livre Rouge. Les livres en question restent d'ailleurs fermés. Il s'agit de bien montrer qu'on a appris, retenu la bonne parole et qu'à présent on peut la répéter à l'infini.

Les collèges et lycées sont fermés. On est passé aux travaux pratiques. Beaucoup d'anciens soldats refont la Longue Marche de 1935, quand Mao a mené un combat victorieux contre les nationalistes.

Mao dont le visage est omniprésent. Et quand on ne voit pas son effigie, on sent parfaitement qu'il est au centre de toutes les conversations.

Dans cette Chine tout devient révolutionnaire. Au diable les berceuses, les enfants les plus petits doivent entonner les chants révolutionnaires.

C'est le règne de toutes les surveillances. Il y a par exemple cette scène à la campagne. C'est le soir. Devant des greniers à blé chacun doit dire ce qu'il a fait dans la journée puis annoncer quel record il compte atteindre le lendemain.

Extraordinaire regard sur ces années de dictature. Monsieur Weng, le photographe a aujourd'hui 76 ans. Il habite à Pékin. Difficile de vraiment comprendre comment il juge ces dix années qui ont vu la Chine se refermer sur elle-même.

"Rouge de Chine" est à retrouver dans le Numéro 3 de la Revue 6 Mois. La semaine prochaine direction la Sibérie pour partager les jolis rêves d'une petite fille.

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