L'épouse de Barack Obama ouvre mardi soir la convention démocrate par un discours devant 65.000 partisans réunis dans un stade de Charlotte en Caroline du Nord. Une étape obligée pour la "first lady". Depuis son arrivée à la Maison blanche et une adaptation difficile, Michelle Obama a défini les contours de sa fonction avant de devenir en 2010 la première "supportrice" de son candidat de mari.
Le magazine Forbes voit en Michelle Obama "une Jacky Kennedy diplômée en droit avec une culture de la rue" © Reuters - Larry Downing
Non, la vie de Michelle Obama à la
Maison-Blanche n'a pas été un long fleuve tranquille. En 2008, terrorisée à l'idée
de s'installer dans un "monument-musée-bureau-cible du terrorisme", la
journaliste Jodi Kantor décrit dans son livre "The Obamas", une "first
lady" qui envisage même de retarder son emménagement à Washington.
"Réticente
à l'enfermement et aux obligations", Kantor dresse le portrait d'une femme
de tête très dure avec les conseillers politiques de son mari. Entre les
experts du pouvoir et l'épouse investie en "gardienne des valeurs",
les rapports sont souvent explosifs. Michelle Obama a une très haute opinion du
rôle de son mari et l'encourage dans des réformes ambitieuses. Ses conseillers
la ramènent sur terre face à l'impopularité de certains thèmes (loi sur l'immigration
ou réforme de la Santé) et la nécessité de préserver des sièges au Congrès et
de bons sondages.
Le tournant des élections de mi-mandat
La "first lady" se doit de soutenir son époux et le fiasco des élections de mi-mandat sonne l'heure du rassemblement des troupes. En 2010, Michelle Obama endosse alors le costume de "reine de motivation". A chaque fois que Barack Obama est en difficulté sur un sujet, elle vole à son secours. Ses thèmes de prédilection : le soutien aux familles d'anciens combattants et la réforme du système de santé avec la lutte contre l'obésité infantile. "Durant ces trois ans et demi comme Première dame j'ai eu la chance de voir de près à quoi ressemble une vie de président", a-t-elle récemment déclaré. "Et j'en ai vu des choses!", a-t-elle plaisanté, décrivant notamment "les décisions à prendre quand les enjeux sont énormes et qu'il n'y a absolument aucune marge d'erreur possible".
Une carrière d'avocate entre parenthèses
Face à la mère au foyer Ann Romney, 63 ans, qui veut "parler d'amour", Michelle Obama, 48 ans, a rangé ses prestigieux diplômes de Princeton et Harvard. Elle a choisi d'écumer les réunions de levée de fonds (73 depuis avril !) et pris la tête de "It Takes Ones" destiné à montrer aux partisans que même les petites contributions peuvent faire la différence. Michelle Obama a également poursuivi son engagement sur ses thèmes favoris, soutien aux familles de militaires et "malbouffe", mais en les abordant de manière consensuelle sur les plateaux de télévision. Elle a par exemple participé à la fameuse émission de Jay Leno en compagnie de la jeune championne olympique de gymnastique Gabby Douglas.
Bilan globalement positif
En septième position parmi les 100 femmes les plus puissantes du monde en 2010 selon le magazine Forbes, une chose est certaine : Michelle Obama est bien plus populaire que son mari. Un sondage Gallup lui donnait 66% d'opinions favorables en mai dernier, contre seulement 45% au président. "L'une des grosses différences entre 2008 et 2012, c'est que maintenant le président a un bilan et que sa part d'opinions favorables s'est réduite", constate Brian Fredericks de l'université Bridgewater. Sans Michelle, point de salut pour Barack Obama. Pour autant, la "first lady" ne fera pas de miracle. En effet même si Michelle Obama a réellement "travaillé pour donner du sens à sa fonction", selon son entourage elle est "capable d'envisager la vie en dehors de la politique, voire après un échec en 2012", souligne Jodi Kantor.

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