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Mali : des exactions commises contre des islamistes

le Mardi 22 Janvier 2013 à 10:25
Par Yann Bertrand

Selon l'un des envoyés spéciaux de France Info au Mali, Omar Ouahmane, les militaires maliens se sont rendus coupables ces derniers jours de sanglantes exactions en marge des combats.

Sur la route depuis Mopti, la porte d'entrée vers le Nord-Mali, chaque village rencontré devient un enjeu. Lundi, l'armée malienne, appuyée par les forces françaises, a repris Diabali et Douentza, deux villes occupées par les islamistes. Les militaires ont été accueillis le plus souvent en libérateurs.

Mais entre Mopti et Diabali, il y a Sévaré, une ville de quelque 40.000 habitants. Et à Sévaré, depuis quelques jours, les langues se délient et racontent des meurtres sordides commis par les militaires maliens.

Exécutions sommaires

Selon plusieurs témoignages de déplacés originaires de Gao ou de villes proches, dans le nord, les islamistes ont payé au prix fort leur résistance à l'armée. Décapitations, doigts coupés, cadavres mutilés, les scènes relatées sont d'une violence sordide.

Un lieu notamment symbolise ce déchaînement : un puits posé sur un terrain vague du quartier de Waillhirdé. Omar Ouahmane, l'un des envoyés spéciaux de France Info, s'y est rendu. Sur le rebord du puits rebouché à la hâte, des traces de sang séché. Les djihadistes, dont de nombreux Touareg détestés par une partie de la population, ont été jetés à l'intérieur. L'un des témoins du massacre affirme :

"Nous avons peur de nos militaires."

Le puits de Sévaré où des cadavres d'islamistes ont été jetés © Radio France Omar Ouahmane

Les autorités ne confirment pas

Samedi dernier, l'association Human Rights Watch était la première à dénoncer tout haut des exactions commises dans la ville de Niono. Elle appelait les membres de la communauté internationale à ne pas rester sans réagir.

Lundi, le colonel Thierry Burkhard, porte-parole de l'état-major français, déclarait :

"Je n'ai aucune indication d'indices qui confirmeraient ça."

Le problème est tout de même pris au sérieux par l'armée française qui, si ses exactions se confirmaient, pourrait apparaître comme complice de telles actes commis par les militaires maliens. Surtout que d'autres témoignages avaient déjà montré un acharnement sur les communautés arabe et touareg du Mali. D'ailleurs, lors du sommet ouest-africain sur le Mali le week-end dernier, le président malien Dioncounda Traoré a mis en garde contre d'éventuelles exactions, des propos rapportés par le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius.

Le problème, c'est le contexte régional, entre Sud et Nord-Mali. Explosif, il contient tous les ingrédients nécessaires à la vengeance.

Des exécutions sommaires à Sévaré, raconte l'envoyé spécial de France Info, Omar Ouahmane  (00:01:13)

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Par Yann Bertrand
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Vos réactions sur cette info
Avatar de anonyme
Des règlements de compte il y en a toujours eu, et il y en aura toujours. C'est la guerre, en 1945 en france il me semble que les "collabos" on été bien traité suivant les conventions, non? Il faut arrêter l'hypocrisie, les salopard qui ont torturé la population ont du soucis à se faire, çà s’appelle le retour de bâton et personne ne va les pleurer.
Avatar de anonyme
toure cole (anonyme) @ stef78 (anonyme),
bien parler mon frere
Avatar de anonyme
Pierre D. (anonyme),
Le peuple malien doit comprendre que sa souverainete lui revient et qu'il ne peut se reconstruire, assurer la securite de ses frontieres lonues et larges dans la haine et la deunion. Il s'agit d'hommes. Je ne cautionne pas que lappartenance ethinique soit l'objet d'un traitement particulier. Il y n'y pas de raison qu'au moment ou le Mali recoit l'aide internationale pour sa securite et partant sa souverainete qui etait presque tombee dans la main des extremistes, choisi le reglement des comptes. Tous ensembles, nous pouvons vaincre les extremistes, ou qu'ils soient! Pas de victimes de la haine, simplement.
Avatar de anonyme
Les miltaires français feraient bien de ne pas courir le risque d' être soupçonnés de complicité ou de non dénonciation de crimes de guerre, dont l'histoire récente est coutumière.
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