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Sur les traces d'Hannibal

le Samedi 2 Juin 2012 à 06:51
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Paolo Rumiz est né en 1947 à Trieste, la nuit où l'on y a bâti une frontière avec la Yougoslavie. C'est peut-être l'envie d'aller voir au-delà de cette frontière qui lui a donné le goût du voyage et aujourd'hui, Paolo Rumiz est considéré comme le plus grand écrivain-voyageur italien.

L'ombre d'Hannibal

Après avoir longé plusieurs frontières politiques, Paolo Rumiz a voulu franchir une autre frontière, celle du temps. Il s'est intéressé cette fois à un mythe : Hannibal.

Le général carthaginois qui a fait trembler Rome deux cents ans avant Jésus-Christ est connu pour avoir franchi les Alpes avec des éléphants. Venus d'Afrique en passant par l'Espagne et la France, Hannibal était à la tête d'une armée de quatre vingt dix mille hommes, douze mille chevaux et quarante éléphants. Les éléphants étaient sans doute là pour marquer les esprits. Et ça a marché. Deux mille ans plus tard, Paolo Rumiz l'a constaté en suivant les traces du général carthaginois. C'est ce qu'il raconte dans un livre paru chez Hoëbeke, L'ombre d'Hannibal.

C'est un périple très impressionniste où le voyageur trouve les réponses qu'il cherche dans les yeux de ces interlocuteurs. Paolo Rumiz rappelle qu'Hannibal est un Africain qui a battu des Européens. Une image qui suscite des débats dans un monde où certains craignent une invasion d'un Sud révolté.

Pour son enquête sur les traces d'Hannibal, Paolo Rumiz a mis au point une technique bien particulière. Il s'est transformé en conteur. C'est lui qui parle et il évite les questions, si possible...

"Il est très important de se raconter avant de poser des questions. Quelques fois, si tu te racontes bien, il n'est pas nécessaire de poser des questions. Ca a changé aussi ma technique de journaliste. Moi, je ne pose presque plus de questions. J'écoute, ça suffit. J'écoute ce que, lui, il veut me dire après avoir su ce que je suis. Il me connaît un peu et il plus favorable à se raconter, à se dévoiler. Donc, si tu te dévoiles, tu peux obtenir plus d'information. Tu es comme un sismographe qui peut écouter les changements à l'avance."

Pour se rapprocher de son personnage, Paolo Rumiz a divisé le temps non pas en siècles mais en tranches de soixante ans, l'âge où l'on devient grand-père. Et trente six grands-pères suffisent pour remonter jusqu'à Hannibal. Ca fait moins vieux que deux mille ans !

 

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