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Les pompes de Ricardo Jésus

le Samedi 26 Mai 2012 à 06:51
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Patrick Chauvel est photojournaliste. Des guerres, des révolutions, il en a couvert et la liste est trop longue. Depuis les années soixante, cela va du Vietnam à l'Afghanistan...

Les pompes de Ricardo Jésus © Patrick Chauvel

Les reportages de Patrick Chauvel sont traversés par autant d'histoires humaines. Si une photo, c'est un instant figé pendant un 125ème de seconde, il y a tout ce qu'il y a avant et après la photo. Ce sont ces rencontres que  Chauvel fait revivre dans son dernier livre, "Les pompes de Ricardo Jésus", paru aux éditions Kero.

Après les révolutions du printemps arabe, Patrick Chauvel s'est souvenu de ces hommes et de ces femmes croisés lors des révolutions sud-américaines. Parmi ces rencontres, il y a Maria dont tout le monde était amoureux et Mgr Romero avant son assassinat au milieu d'une messe qu'il célébrait au Salvador. Il raconte comment il a fait la connaissance de Bob Marley sans vraiment croire que c'était bien lui et comment le King l'a enfumé avec un joint qui l'a rendu malade trois jours !

Fils de Jean-François Chauvel, grand reporteur à l'AFP, au Figaro, à Cinq colonnes à la Une et neveu du cinéaste Pierre Schoendoerffer, Patrick Chauvel est d'abord animé par le goût de l'aventure, égoïstement, il le reconnait. Sa passion, c'est aussi de dire ce qui se passe à l'autre bout du monde. Il est aussi persuadé que lui et ses confrères sont utiles. Faire en sorte que les gens ne puissent plus jamais dire : "on ne savait pas". C'est quasiment une vocation....

"Aujourd'hui, il y a non seulement les téléphones portables des Egyptiens, des Tunisiens, des Yéménites, de tous ces jeunes qui essaient de nous montrer ce qui leur arrive, et on dirait des noyés qui tendent le bras et qui nous appellent au secours. Et notre métier c'est d'aller les voir et de prendre le relais. Et le public, on ne peut plus lui donner cette possibilité de dire "on ne savait pas". Ils peuvent dire "je ne voulais pas savoir".  Donc, si un jour ça nos tombe sur le coin de la gueule... on vous avait prévenu. On vous avait prévenu que l'intolérance, que la xénophobie, que le racisme ça mène à ca. Moi, j'ai connu Beyrouth, ville absolument géniale où tout le monde se mélangeait. J'ai connu Sarajevo pareil, et du jour au lendemain, on sait ce qui s'est passé. On sait ce qui s'est passé grâce à nous."

Patrick Chauvel a donné de sa personne pour assurer cette mission. Les nombreuses cicatrices qui marquent son corps sont les témoins de cet engagement. Mais ça n'enlève rien à son envie de courir le monde, même s'il se plaint de son dos aujourd'hui...