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Le Mali respire après l'amnistie accordée aux putschistes

le Samedi 19 Mai 2012 à 14:47
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Opposants et partisans du putsch du 22 mars au Mali estiment que l'amnistie approuvée par le Parlement est un pas en direction de la stabilité. Les pays, divisé et affaibli, en a bien besoin.

L'amnistie en faveur des auteurs du coup d'état du 22 mars a été adoptée à l'unanimité hier à l'Assemblée Nationale. "Si l'amnistie veut permettre au Mali de retrouver sa stabilité, c'est une bonne chose". Tous les groupes parlementaires "ont voté le texte. C'est la preuve que tout le monde veut la paix", juge Adama Kanté, responsable d'un des partis du Front uni pour la défense de la République et de la démocratie (FDR, opposé au putsch).

Officiellement, cette amnistie concerne les faits commis entre le 21 mars, date du début de la mutinerie de militaires ayant débouché le lendemain sur le renversement d'ATT, et la date de la prestation de serment du président intérimaire, Dioncounda Traoré.

"La balle est dans le camp des militaires"

La mesure était prévue par un accord-cadre signé le 6 avril par le chef des putschistes, le capitaine Amadou Haya Sanogo, et la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) pour un retour à l'ordre constitutionnel au Mali. Le projet de loi ayant été voté, "maintenant, la balle est dans le camp des militaires. Il faut qu'ils montrent de leur côté l'amour qu'ils ont pour leur patrie en respectant scrupuleusement le retour à l'ordre constitutionnel", a estimé Adama Kanté du FDR.

Pour Oumar Mariko, un des responsables du Mouvement populaire du 22 mars (MP22, front favorable au putsch), l'amnistie approuvée "va dans le sens de la réconciliation".

"Nous avons voté la loi d'amnistie pour faire avancer les choses. (...) Maintenant, il ne faut pas un diktat de l'extérieur pour régler nos problèmes", a affirmé Oumar Mariko, par ailleurs député.

"C'est pour la paix que nous avons voté" l'amnistie, "pas parce que nous avons peur des militaires", a assuré la présidente de la Commission des lois de l'Assemblée nationale, Mme Camara Saoudatou Dembélé. Le projet de loi doit maintenant être promulgué par le président par intérim pour que l'amnistie devienne effective.