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L'Égypte en plein "chaos" institutionnel à deux jours de la présidentielle

le Jeudi 14 Juin 2012 à 14:51
Par Cécile Quéguiner

Après avoir invalidé un tiers des sièges de députés, la Cour constitutionnelle égyptienne envisage la dissolution du Parlement. L'armée de son côté se voit reprendre le pouvoir laissé vacant. Le tout à l'avant-veille du second tour de la présidentielle. "Un coup d'Etat total", dénoncent les islamistes.

Retour à la case départ en Egypte - Analyse de Marion Guénard au Caire  

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Sont concernés par l'invalidation de la haute juridiction égyptienne les sièges attribués au scrutin uninominal. Essentiellement des indépendants, et plus précisément des salafistes. Ces législatives s'étaient étalées de novembre à février, donnant la majorité absolue aux islamistes (Frères musulmans pour moitié et salafistes pour le quart restant). La Cour a estimé que certaines règles appliquées lors des élections étaient contraires à la Constitution, en l'occurence que le principe d'égalité n'avait pas été respecté. Mais elle va encore plus loin dans ses attendus, estimant que le parlement tout entier est "anticonstitutionnel et sa composition entièrement illégale".

"Un coup d'État total" (islamistes)

Pour complèter ce scénario catastrophe, des sources militaires citées par l'AFP, affirment que l'armée a convoqué une réunion extraordinaire cet après-midi et pourrait annoncer qu'elle reprend le pouvoir législative jusqu'à l'élection d'une nouvelle assemblée. "Coup d'État total", dénoncent un ancien candidat islamiste dissident Abdel Moneim Abou Fotouh et un haut-dirigeant des Frères musulmans Mohammed Beltagui. Ceux-ci rappellent que le gouvernement a adopté hier un décret donnant à l'armée le pouvoir d'arrêter des civils et de les déférer devant la justice militaire. 

Cette succession de décisions et d'annonces vient ébranler le calme très précaire qui régnait en cette fin de campagne présidentielle. D'autant que la Cour, dans un même élan, a autorisé un ancien haut responsable proche de Moubarak, Ahmed Chafiq, à se présenter à la présidentielle qui doit se tenir samedi et dimanche. Alors même qu'une loi d'avril (votée par ce parlement) avait interdit aux caciques de l'ancien régime de concourir. C'est donc bien lui qui affrontera le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi

"Tweets paniqués et coups de fil anxieux"

Que signifie cette double annonce ? Beaucoup d'Égyptiens y voient un mauvais signe. Claude Guibal, spécialiste de l'Égypte à Radio France, se dit "impressionnée par le nombre de tweets paniqués et de coups de fil anxieux". Dans un message diffusé sur son site internet, l'ambassade des Etats-Unis au Caire elle-même avait prévenu que ces deux décisions, quelles qu'elles soient, risquaient d'accentuer "le degré de tension" dans le pays.

Il n'a pas fallu attendre longtemps pour voir la prédiction américaine se réaliser. Devant la Cour constitutionnelle, plusieurs centaines de personnes venues exhorter les juges de chasser les "feloul" (littéralement les "résidus") du régime Moubarak. Un vieil homme homme cité par l'AFP lâche : "La révolution est terminée". Sur Twitter, les mots-clés #tahrir et #25jan reviennent au galop, laissant entrevoir de possibles nuits agitées sur la célèbre place cairote. 

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Devant la Cour constitutionnelle au Caire © Reuters Suhaib Salem

Par Cécile Quéguiner
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