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Hollande regrette que Netanyahu ait tenu une "réunion politique" à Toulouse

le Jeudi 8 Novembre 2012 à 12:32
Par Ludovic Pauchant

La parfaite entente affichée jeudi dernier entre le Premier ministre israélien et François Hollande, lors de l'hommage aux victimes de Mohamed Merah à Toulouse, n'était-elle qu'apparente ? Le président de la République aurait ensuite regretté que son homologue israélien ait profité de la cérémonie d'hommage pour tenir une "réunion politique".

Côté israélien, on avait assuré que le courant était "bien passé" : Benjamin Netanyahu n'avait d'ailleurs pas tari d'éloges sur son "ami" François Hollande. Côté français, on avait déployé le tapis rouge. La photo était parfaite : loin, si loin l'un de l'autre, mais réunis côte à côte pour un vibrant hommage, main dans la main pour lutter contre l'antisémitisme.

" On savait qu'il venait faire campagne, mais c'était une mauvaise idée de transformer en réunion politique la cérémonie organisée "

Mais en coulisses, dans l'avion qui l'amenait la semaine dernière à Beyrouth,  François Hollande revient, peu élogieux, sur la séquence : "On savait qu'il venait faire campagne, mais c'était une mauvaise idée de transformer en réunion politique la cérémonie organisée". Le président français aurait d'ailleurs, dans la foulée, affirmé que le dirigeant israélien, qui a convoqué des élections anticipées pour début 2013, était "obsédé" par l'Iran, qu'il n'avait parlé que de cela lors du déjeuner. Des propos qui tranchent avec les éloges et les chaleureuses embrassades des deux hommes ce jour-là.

Après Nicolas Sarkozy, François Hollande

Cette première visite en France du Premier ministre israélien depuis l'élection de François Hollande semblait pourtant s'annoncer sous des auspices favorables à un dialogue renoué. En somme, de la chaleur après l'hiver du quinquennat Sarkozy, pendant lequel les relations avec Benjamin Netanyahu s'étaient congelées : on avait vu ainsi le président français d'alors tenir des propos à la limite de la défiance à l'endroit de l'Israélien. Jamais à découvert. Mais sans jamais démentir : on se souvient de la confidence de Nicolas Sarkozy à Barack Obama en novembre 2011 en marge du G20 cannois, au terme de laquelle un micro laissé ouvert laisse s'échapper un "Je ne peux plus le voir, c'est un menteur". Aussitôt renchéri par Barack Obama qui lâche "Tu en as marre de lui, mais moi je dois traiter avec lui tous les jours". Nicolas Sarkozy avait démenti, mais l'épisode n'avait pas adouci le climat devenu exécrable entre les deux hommes.

Pas de commentaire côté Netanyahu

A Jérusalem, si personne, dans l'entourage du Premier ministre, ne souhaite commenter les propos de François Hollande, l'article du Canard enchaîné fait déjà le tour des chaines d'information israéliennes. La sortie présidentielle n'augure pas encore l'orage diplomatique, mais, quelques mois avant le scrutin israélien, les relations diplomatiques entre les deux pays pourraient - à nouveau - se rafraîchir.

Les propos de Hollande sur Netanyahu très commentés en Israël : correspondance de Grégory Philipps à Jérusalem  
 

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