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Frères musulmans : de formation interdite à parti politique aux commandes

le Dimanche 24 Juin 2012 à 18:34
Par Aurélia Frescaline

La confrérie a porté le candidat Mohamed Morsi au pouvoir, reste à savoir désormais comment le parti anciennement interdit compte gouverner et quelle sera la place laissée à la religion.

Les Frères musulmans, de formation illégale à parti politique à part entière, sont interdits en 1954 mais tolérés sous le régime de Moubarak. Très présents auprès des populations, actifs dans les mosquées, les Frères musulmans mènent des actions d'aide aux plus démunis, dans les universités et au sein des syndicats.

La confrérie s'appuie sur un réseau de centaines de milliers de militants, rompus à l'action de terrain et dont l'organisation opaque reflète les années de clandestinité.

Après la chute de M. Moubarak le 11 février 2011, la confrérie islamiste a formé un parti politique légal pour pouvoir participer ouvertement aux élections. Ce nouveau parti, baptisé le "Parti de la liberté et de la justice" (PLJ), s'est défendu d'avoir une orientation "théocratique" et a assuré qu'il serait "indépendant" de la confrérie.

Entre religion et politique

Fusion du religieux et du politique, les Frères musulmans sont le plus ancien mouvement de l'islamisme sunnite. Dans les années 1940, elle a perpétré des actes sanglants, dont l'assassinat du Premier ministre Mahmoud Fahmi al-Noqrachi en 1948. Les relations de la confrérie avec l'armée oscillent entre rivalité et connivence. Accusée de tentative d'assassinat contre le président Nasser, les membres de la confrérie sont arrêtés par milliers entre 1954 et 1970.  

Changement de président, en 1971 Anouar al-Sadate fait libérer les Frères musulmans et proclame une amnistie générale. Mais les accords décidés avec Israël passent mal, en 1981 Sadate sera assassiné par d'ex-membres de la confrérie passés à l'extrémisme.

Régime islamique

La révolte populaire a pris les Frères musulmans par surprise en janvier 2011 et seuls les jeunes membres de la confrérie y prennent part au début. Mais les Frères musulmans ont l'avantage d'être très actifs et puissants sur le terrain et savent conserver un flou nécessaire sur leurs relations avec le pouvoir militaire et les mouvements laïques, s'appuyant sur eux selon leurs besoins.

Difficile donc de préjuger des intentions du mouvement, certains redoutent, avec l'élection du Mohamed Morsi, de voir l'instauration d'un régime islamique en Egypte.

Par Aurélia Frescaline
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