Depuis la rentrée, les Français de l'étranger doivent mettre la main à la poche pour scolariser leur enfant dans un établissement français : la prise en charge systématique des frais de scolarité n'est désormais plus assurée.
Christina Gierse
Entretien avec Christina Gierse, rédactrice en chef du site internet Vivre à l'Etranger.com (groupe Studyrama.com)
Pourquoi l'abrogation du PEC (Portefeuille d'Expériences et de Compétences) ?
Il s'agit d'une promesse électorale de François Hollande. Nicolas Sarkozy avait mis en place cette gratuité depuis 2007, mais elle est jugée trop coûteuse : 31,9 millions d'euros pour l'année scolaire 2011-2012.
Quelle a été la réaction des expatriés ?
La FAPEE (Fédération des parents d'élèves des établissements français de l'étranger) était pour l'abrogation de cette loi qu'elle trouvait injuste et source de division au sein de la communauté des expatriés, mais aussi entre expatriés et population locale. Il ne faut pas oublier que près de la moitié des élèves de ces établissements sont étrangers.
Scolariser son enfant dans un établissement français à l'étranger, combien ça coûte ?
Les frais de scolarité sont très variables d'un pays à un autre. À Hanoï, l'inscription coûte entre 2 400 et 4 200 euros suivant le niveau d'études. Au lycée Jean-Monnet de Bruxelles, il faut compter de 5 000 à 6 500 euros l'année scolaire. Au lycée français Pudong de Shanghai, l'année scolaire coûte de 7 500 (maternelle) à 15 000 euros par an (lycée). A cela s'ajoutent éventuellement les frais liés au service de transport scolaire car les familles n'habitent pas toutes à deux pas du lycée français. Petite consolation : la cantine est généralement comprise dans les frais de scolarité.
Pourquoi est-ce si cher ?
Les ressources des établissements scolaires français à l'étranger proviennent principalement des droits acquittés par les familles, mais les familles sont de plus en plus sollicitées : il y a 20 ans, 60 % des ressources provenaient de l'Etat français, 40 % des familles. Ce rapport s'est aujourd'hui inversé.
Pourquoi vouloir à tout prix rester dans un lycée français ?
Tout d'abord, parce qu'on n'a pas toujours le choix. Lorsque vous êtes expatrié en Chine, il est difficile de mettre votre enfant dans une école où l'on ne parle que chinois. Mettre son enfant dans un lycée français est aussi la garantie qu'il pourra se réintégrer à son retour. C'est aussi un moyen, pour les couples binationaux, de plus en plus nombreux, de maintenir un lien avec la culture française.
Y a-t-il des alternatives ?
Parmi les alternatives, il y a les écoles anglophones (privées elles aussi et donc payantes) ou le Cned (enseignement à distance). Cette dernière solution étant la moins chère, mais elle demande une grande implication des parents.
Quelles sont les aides à la scolarité proposées aux familles françaises à l'étranger ? Quelles démarches accomplir ?
Environ un enfant sur quatre bénéficie de bourses. La Fédération FAPEE travaille actuellement avec l'Etat pour que davantage de familles en bénéficient. Elle est notamment intervenue afin de bloquer une somme de 12 millions d'euros pour les bourses cette année. Des personnes étant un peu justes au niveau des critères ont leurs chances, et doivent se rendre à leur consulat, ou sur le site de la fédération pour information.
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