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Forte d'un "soutien populaire énorme", la révolte québécoise prend une tournure juridique

le Samedi 26 Mai 2012 à 06:36
Par Olivier Bénis

Parti d'une grève étudiante, le mouvement prend une ampleur digne d'un "printemps érable"  
Reportage à Montréal de Delphine Gotchaux

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VIDÉO Plus de 100 jours depuis le début de la grève des étudiants au Québec... Et le mouvement ne semble pas s'essouffler, au contraire. Les rassemblements ont continué toute la semaine, malgré une loi limitant le droit de manifester. Une loi que les étudiants attaquent en justice ! Il faut dire qu'ils bénéficient sur le sujet du soutien des Québécois.

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Deux Québécois sur trois estiment que la loi spéciale sera inefficace © Reuters Olivier Jean

Parfois la rue a besoin d'un petit coup de pouce de la justice. Face à la fameuse loi 78, la "loi matraque" qui restreint le droit de manifester, les étudiants ont décidé d'opposer une loi plus forte, la Constitution. Ils ont déposé cette nuit un recours en justice, contre un texte qui selon eux limite la liberté d'expression et d'association.

"C'est la plus grande affaire constitutionnelle au Québec à cause du nombre de gens concernés", explique Léo Bureau-Blouin, l'un des leaders étudiants, devant la Cour supérieure du Québec. Selon lui, la loi 78 affecte directement 1,5 million de Québecois. "Cette loi ignoble a pour effet de museler, d'écraser, de contrôler et de dominer le mouvement étudiant, et d'autres groupes qui souhaitent s'exprimer publiquement", précise la déclaration commune des requérants.

La première requête, qui vise à bloquer l'application de la loi par la police, pourrait être examinée dès mercredi. La requête en nullité devra attendre début juin. Le gouvernement, lui, raille ce coup d'éclat venant "entre autres d'une association qui se fout des décisions des tribunaux" ("la Classe", organisation étudiante la plus radicale du mouvement).

Deux Québécois sur trois opposés à la loi 78

Pourtant l'opinion semble changer de camp. Jusqu'ici très réservés sur le mouvement étudiant (lancé suite à une augmentation des droits de scolarité), les Québécois se sont très vite opposés à la nouvelle loi. Selon un sondage, ils sont deux sur trois à considérer qu'elle ne réussira pas à rétablir la paix sociale. La moitié des habitants estime toutefois que la négociation est la seule issue possible au conflit. Seuls 16% des Québécois seraient pour des législatives anticipées.

En attendant, les manifestations continuent... Et les arrestations aussi. En une semaine d'application de la loi 78, plus de 2.000 personnes ont été interpellées à Montréal.

Par Olivier Bénis

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prevalain (anonyme),
Je suis en France depuis 1973 mais je suis né à Montréal et j'y ai vécu jusqu'à l'âge de 23 ans. Je suis issu d'une famille aisée affiliée au parti Libéral depuis quatre générations. Mon Grand-Père a été Ministre des Mines et des Pêcheries dans le Gouvernement libéral de Lomer Gouin. Ce mouvement est parfaitement compréhensible et justifié. Le Bill 78 est une entorse majeure à la liberté d'expression, jusqu'ici inédite au Québec. Certes les manifestations créent un certain désordre dans une société qui a horreur de cela... d'où la répression. Ce gouvernement devrait pourtant savoir que la répression ne fera qu'accentuer la mobilisation et se terminera par la nécessité pour lui de quitter le Pouvoir. Le Gouvernement Charrest devra soit quitter les responsabilités, soit s'attendre à une défaite plus que cuisante aux prochaines élections. D'une façon comme d'une autre, il a fini d'exister: la société québécoise ne le lui pardonnera jamais cet outrage aux libertés!
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