Syrie : Hollande reste sous pression de la droite

par Gérald Roux lundi 13 août 2012 11:56
Charles Platiau / Reuters Reuters

Le président de la République est accusé d'"attentisme" sur le dossier syrien, alors que les combats se poursuivent à Damas et Alep. Une semaine après Nicolas Sarkozy, c'est François Fillon qui demande aujourd'hui à François Hollande de presser la Russie de changer de position face à Bachar al-Assad.

Après l'ancien président, l'ancien Premier ministre. Dans une tribune dans le Figaro, François Fillon écrit notamment qu'avant d'être élu, François Hollande "n'avait pas de mot assez durs pour qualifier l'effacement de l'hexagone de la scène internationale et les erreurs à répétition de Nicolas Sarkozy". Pour lui, aujourd'hui, "la déception est à la hauteur des excès de critiques". Il souligne la "grande différence" entre les politiques de Sarkozy et de Hollande. L'ancien chef du gouvernement estime que le premier "prenait des risques" alors que le second "ne se préoccupe que de sa +normalitude+ et préfère de beaucoup son image à la recherche de résultat !".

Voir Poutine à Moscou maintenant

Et pour François Fillon, il y a une solution. "Si j'étais François Hollande je prendrais l'avion maintenant pour Moscou, si possible avec l'Angela Merkel", pour convaincre Vladimir Poutine de faire plier le président syrien, explique l'ancien Premier ministre, pour qui la position russe est le véritable "verrou" du dossier syrien. François Fillon se démarque toutefois de Nicolas Sarkozy qui faisait la semaine dernière un parallèle entre la Syrie et la Lybie semblant privilégier une intervention étrangère. Pour François Fillon, une intervention étrangère serait une "très grave erreur stratégique".   

Sarkozy, Copé, Lefebvre

L'ancien chef de l'Etat avait provoqué la surprise la semaine dernière en rompant le silence qu'il s'était imposé depuis son départ de l'Elysée. Dans un communiqué commun avec un des leaders de l'opposition syrienne, Nicolas Sarkozy appelait à une "une action rapide de la communauté internationale".
De son coté, le leader de l'UMP Jean-François Copé dénonçait récemment "l'inertie de la diplomatie française" et exhortait François Hollande à interrompre ses vacances pour prendre "une initiative diplomatique forte".
L'ancien ministre UMP Frédéric Lefebvre estimait lui aussi que le chef de l'Etat devait "interrompre immédiatement ses vacances" pour que la France puisse "prendre la tête" d'une "réaction internationale rapide".