Procès des Pussy Riot : avalanche de réactions pour dénoncer un jugement "disproportionné"

par Baptiste Schweitzer vendredi 17 août 2012 18:41, mis à jour le vendredi 17 août 2012 à 21h31
Filip Singer Maxppp

À peine le verdit de deux années de camp pénitentiaire énoncé, que les premières réactions ont fusé. De nombreuses capitales dénoncent une décision "disproportionnée". En Russie, des manifestations ont accompagné la lecture du jugement tandis que l'église orthodoxe russe réclame la clémence.

Le mot revient dans la
quasi-totalité des communiqués publiés par les capitales occidentales :
disproportionné. Selon le Quai d'Orsay : "Le verdict prononcé ce jour apparaît comme
particulièrement disproportionné, compte tenu des faits mineurs qui leur sont
reprochés."
La ministre de la Culture, Aurélie Filippetti s'est quant à elle exprimée sur
Twitter juste après la décision.

Ce terme de disproportionné a également été employé par l'Union européenne. Catherine Ashton, la chef de la diplomatie de l'UE, s'est déclarée "profondément déçue" par le verdict de deux ans de camp pénitentiaire. Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle s'est pour sa part dit "inquiet des conséquences de cette peine pour l'avenir et la liberté de la société civile russe". Londres a réagi à l'unisson, estimant que "le verdict met en cause l'engagement de la Russie à protéger ces droits fondamentaux et les libertés".

Réaction surprenante de l'Église orthodoxe

Le département d'État américain a exhorté Moscou à récuser ce procès et à assurer le maintien de la liberté d'expression : "Les Etats-Unis sont préoccupés à la fois par le verdict, par les peines disproportionnées infligées par un tribunal de Moscou dans le procès contre les membres du groupe Pussy Riot et par l'impact négatif sur la liberté d'expression en Russie".

Mais la réaction la plus surprenante est venue du Patriarcat russe qui a publié un communiqué réclament la clémence envers les jeunes femmes : "Nous demandons aux autorités de l'Etat de faire preuve de clémence envers les condamnées dans l'espoir qu'elles renonceront à toute répétition de ce genre de sacrilège."