Mali : utilisation probable de la force "à un moment ou à un autre" (Fabius)

par Clara Beaudoux jeudi 12 juillet 2012 18:45
Reuters

Le ministre des Affaires étrangères estime que l'usage de la force dans le nord du Mali est probable "à un moment ou à un autre". Bamako va saisir la Cour pénale internationale la semaine prochaine. Les islamistes ont dorénavant pris le contrôle de toutes les grandes villes du nord du pays.

La situation s'envenime dans le nord du Mali, tombé fin mars aux mains des rebelles touareg et de groupes islamistes alliés à Aqmi. Depuis hier mercredi, les islamistes ont même chassé les touaregs, et sont désormais maîtres de toutes les grandes villes du nord du pays. "C'est une affaire extrêmement grave, car c'est la première fois que des terroristes se greffent sur des villes importantes et sont peut-être en situation de se greffer sur un Etat", a commenté jeudi le ministre français des Affaires étrangères.

"La France pour des raisons évidentes ne peut pas être en première ligne" (Laurent Fabius)

Première étape pour Laurent Fabius : "il faut essayer de rétablir la légalité constitutionnelle au sud", évoquant les "efforts de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et de l'Union africaine (UA), appuyés maintenant par une résolution (du Conseil de sécurité) de l'ONU (...) pour faire qu'il y ait un gouvernement inclusif, pour que la junte soit mise hors-la-loi".

"Ensuite, à partir du moment où la légalité sera rétablie au sud, il faut
s'intéresser au nord, c'est-à-dire qu'à un moment ou à un autre, il est
probable qu'il y aura utilisation de la force
", a estimé le chef de la
diplomatie française, précisant qu'une telle intervention serait menée par des Africains avec un soutien international. La Cédéao prépare depuis plusieurs semaines l'envoi éventuel d'une force au Mali, dont l'effectif est actuellement fixé à quelque 3.300 hommes. Ses dirigeants ont appelé le Conseil de sécurité à "accélérer" l'adoption d'une résolution autorisant formellement son déploiement.

Le recours à la force... contre qui ? s'interroge le porte-parole des rebelles touareg du MNLA, Moussa Ag Attaher  

Le Mali s'apprête à saisir la Cour pénale internationale

Dans le même temps aujourd'hui, un haut responsable du ministère malien de la Justice a indiqué que le pays prévoyait de saisir "la semaine prochaine" pour "atrocités" la Cour pénale internationale (CPI). Des ONG locales et internationales, ainsi que des agences de l'ONU, ont dénoncé les graves exactions commises dans le Nord.

De son côté, Barack Obama a annoncé aujourd'hui que les Etats-Unis débloquaient 10 millions de dollars pour venir en aide aux réfugiés et déplacés. "Près de 230.000 Maliens se sont réfugiés en Algérie, au Burkina Faso, en Mauritanie et au Niger", tandis que 155.000 autres ont été déplacés à l'intérieur de leur pays, a précisé le porte-parole du Conseil de sécurité
nationale (NSC), Tommy Vietor.