Mali et relations bilatérales : les deux dossiers de Laurent Fabius à Alger

par Grégoire Lecalot dimanche 15 juillet 2012 23:41
Louafi Larbi Reuters

Le ministre français des Affaires étrangères est arrivé dimanche à Alger. Une visite qui prépare celle de François Hollande à l'automne. Sur la table, le dossier chaud du Mali. Le ministre français voudrait rallier l'Algérie à une éventuelle opération militaire. Laurent Fabius doit aussi discuter de la très particulière relation franco-algérienne.

Double objectif pour la première visite de Laurent Fabius dans un pays arabe. D'abord une urgence imposée par l'actualité au Mali, ce pays voisin de l'Algérie, dont le nord est sous la coupe de deux groupes islamistes, et la capitale sous le gouvernement incertain d'une junte militaire.

Le ministre français, qui doit rencontrer le président Abdelaziz Bouteflika lundi, espère concilier les positions de la France et de l'Algérie, première puissance régionale. Les deux pays considèrent que le dossier du Mali doit être réglé par les pays africains et qu'il faut au pays "un véritable gouvernement, qui puisse prendre ses responsabilités", selon les mots de François Hollande. Mais Paris souhaiterait que l'Algérie soit la colonne vertébrale d'une éventuelle opération militaire pour rétablir le gouvernement de Bamako et neutraliser les islamistes au nord. Sans écarter l'option militaire, Alger a jusqu'à présent privilégié les voies diplomatiques.

La visite de Laurent Fabius, qui prépare le terrain à celle de François Hollande à l'automne, doit aussi évoquer les relations bilatérales entre les deux pays, à la fois proches et orageuses, compte-tenu du poids de l'histoire. "Trois mots résument cela: d'abord il faut développer l'objectivité (en référence à la mémoire), il faut la proximité et nous allons mettre en application un mot qui est très important pour l'Algérie et la France, c'est l'amitié", a déclaré Laurent Fabius qui veut donner un "nouvel élan" à ces relations, qui avaient connu un froid pendant la campagne présidentielle. L'éventualité d'un traité d'amitié sera "dicutée", mais le vocabulaire officiel semble plutôt pencher pour un "partenariat d'exception".

Au coeur des discussions entre Fabius et son homologue algérien : la crise malienne. A Alger, Leïla Beratto