Le régime syrien frappé par un attentat suicide à Damas

par Clara Beaudoux mercredi 18 juillet 2012 12:10, mis à jour le mercredi 18 juillet 2012 à 18h20
Ho New Reuters

Un attentat suicide a visé mercredi le bâtiment de la Sécurité nationale à Damas, tuant plusieurs hauts responsables du régime dont le ministre de la Défense et le beau-frère d'Assad. Du coup, la réunion du Conseil de sécurité de l'ONU, qui devait débattre ce mercredi d'un projet de résolution sanctionnant le régime, a été reportée de 24 heures.

Le symbole de la répression syrienne vient d'être frappé. Le ministre syrien de la Défense, le général Daoud Rajha, ainsi que le beau-frère du président Assad, Assef Chawkat, ont été tués dans un attentat suicide mercredi, selon la télévision d'Etat. 

Plusieurs hauts responsables des services de sécurité ont également péri. Comme le général Hassan Turkmani, le responsable de la cellule de crise mise en place pour mater la révolte. Plusieurs blessés, dont le ministre de l'Intérieur, Mohammad Ibrahim al-Chaar, ont été transportés à l'hôpital al-Chami dans la capitale.

Un attentat revendiqué par l'Armée syrienne libre

"L'explosion terroriste qui a visé le bâtiment de la Sécurité nationale s'est produite lors d'une réunion entre des ministres et plusieurs responsables des agences (de sécurité)", explique la télévision officielle. Le bâtiment, ultra-protégé, est situé dans le quartier de Rawda, au coeur de la ville. Le Sécurité nationale est dirigée par le général Hic Ham Ikhtiar, dont on ne connaît pas le sort pour l'instant. Il figure depuis le 23 mai 2011 sur la liste des personnes sanctionnées par l'Union européenne.

L'attentat a été revendiqué quelques heures après par l'Armée syirenne libre.

Cinq autres explosions ont retenti, quelques heures plus tard, au nord-ouest de Damas. Près de la base de IVe division blindée de l'armée syrienne, commandée par Maher al-Assad, le frère de Bachar.

La guerre dans la capitale, un "tournant"

Depuis plusieurs jours déjà, la situation semble s'accélérer en Syrie, les combats s'intensifient dans la capitale syrienne. Il s'agit des plus violents depuis le début de la révolte en mars 2011. Selon l'OSDH et les Comités locaux de coordination (LCC), qui organisent la mobilisation sur le terrain, des hélicoptères, entrés en action mardi, continuaient à mitrailler mercredi matin les quartiers de Qaboune et de Barzé, dans l'est de Damas.

Plus de soixante soldats de l'armée régulière ont été tués ces dernières 48 heures à Damas dans les combats avec les rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL), composée de déserteurs et de civils armés, a affirmé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Vote du Conseil de sécurité de l'ONU reporté

Dans ce contexte, le médiateur international Kofi Annan a demandé le report du voté prévu ce mercredi, au Conseil de sécurité de l'ONU. Il a été entendu : le vote est reporté de 24 heures.